Analogie des semblables

With her own hands

 

 

Who's that coming

 

 

After midnight

 

 

Galvanize

 

De ce dernier trimestre, j’ai voulu comme disait Courbet  » étudier en dehors de tout esprit de système » ces femmes, ces ombres et ces présences.

©Isabelle Pompe L.

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IN SITU, la rue

LA RUE

casqueIN SITU, L’homme dans son fil

« Dresser un portrait serait prétentieux de ma part, prendre le temps de prendre le pouls, écouter, observer et tenter serait plus juste envers cette ville dont l’image est souvent ternie par son « actualité ». Je ressens de profonds points communs entre elle et ma ville de naissance, Rouen, que ce soient l’importance historique de son passé industriel, son port, son passé ouvrier, cette Seine et cette idée de frontalité inhérentes aux rives.
J’aimerais ôter ces mots zones, limites et frontières pour rétablir la réciprocité équitable de ces rives. « Cartographier  » pour restituer, rétablir une image juste et précise, chercher sans thèmes classiques, rencontrer, me trouver en face, en être traverser. Présent, vivant, être un élément participatif d’un même lieu, de cette même cité, me mettre au rythme de cette commune, de manière naturelle le travail iconographique de mémoire prendrait forme. Un territoire possède ses caractéristiques propres, ses variables, mettre un visage, nourrir une image pour qu’elle soit honnête et pertinente, étayer la nature d’un espace urbain jusqu’aux détails. Signifier le ressenti, l’éprouver est une manière loyale de parler d’une ville. Une ville donne à voir et à entendre, j’aimerais me frayer un passage jusqu’à ses images et ses sons, m’ouvrir pour ressentir, m’inviter au voyage, ne pas m’y attendre, recevoir une forme de résistance, m’apercevoir d’une réciprocité, d’une entente. J’aimerais révéler congrûment les instants de vie, de partage, de partance que seront les miens avec cette ville. »

La photographie lui est parvenue alors qu’il avait quinze ans, en 1985, par le biais d’un appareil abîmé qu’on lui mit au défi de réparer. Il démonta cet objet. Il prit. Il a photographié, s’est senti à sa place avec ce boitier dans les mains. Plongé dans un constant désir de connaître et de maîtriser l’univers technique de cet outil, il a très tôt installé un labo chez ses parents, au « Lodz » du quartier de la Grand’ Mare à Rouen, ses accès aux connaissances artistiques sont venus de ses voisins, artiste peintre, enseignant aux beaux-arts, éditeur disposés, en retour, à le faire travailler.
Pendant les dix années suivantes, il a parcouru différents pays d’Europe grâce à des réseaux de connaissances artistiques acquis au fil de ses travaux, le fruit de ces collaborations a donné naissance à des commandes (Haïti), à des expositions en Europe de L’Est et en France. Au fur et à mesure, il a réalisé combien cette pratique le mettait en confiance.
– Dès lors, en pleine possession de ses moyens et avec ce profond besoin d’approfondir ses connaissances et ses compétences, il a nourri son œil en se frottant l’iris et le corps à un très grand nombre d’expositions.
Il a travaillé la photographie selon ses différents courants ou appellations, certaines formes se sont imposées notamment la photographie documentaire, le reportage mais aussi la pratique du portrait, les techniques du studio, le film photographique, il a, en outre, collaboré à différents projets transdisciplinaires pour enfin créer son propre atelier/Galerie Point Limite en 2013 à Rouen.
La spécificité de son travail artistique réside sur cette démarche pulsionnelle de la rencontre associée aux règles de la composition et au formalisme du cadre. La rue est une source perpétuelle où trouvent vie et mort des visages, des expressions et des masques.
Dans une recherche frontale, il saisit, prend ces traces, ces mouvements de vie à la fois inhérents à la rue ainsi qu’au rythme et au souffle de la ville.
Son univers photographique repose sur cette nécessité de la rencontre, de l’écoute de l’œil. Une scène de vie, la captation d’un laps de temps, l’expression d’un visage associée à une réponse- mouvement d’un autre corps, tous ces instants possèdent la même fragile solennité lorsqu’ils se produisent dans un lieu antonyme du « dépouillé », la rue.

La rue a sa propre ubiquité.
Ce décor omniprésent pourtant s’efface ou se retire, enfle, se gonfle, accroit et durcit. La rue est un lieu social et asocial à la fois car chacun peut y être seul sans ressentir le besoin de l’autre, y être par nécessité, par obligation, par humeur. Ressentir le besoin de présence de l’autre et être révélateur de pression, elle force et contraint l’homme au contrôle, laisse dériver, elle a la raideur de l’ultime terre, de l’ultime témoin de l’état d’une époque et d’une société.Sa démarche de travail est celle d’un passant « obturateur », la rue est une matière première très riche, son œil attend l’ajustement idéal. Le cadre d‘une rue connue ou non, la composition que suscite cet ensemble architectural.
Les enseignes et la visibilité publicitaire de certaines marques sont ces données à traiter avec différents degrés d’importance, corriger ? La présence d’un véhicule pourra susciter le désir de le contourner, l’évitement fait aussi parfois parti du jeu, le contexte oui mais l’époque, le spatio temporel pas nécessairement. La place forte est celle de l’humain, son décor essentiel et premier est cette rue. Cette rue a besoin de ces corps pour enfler et vivre. Son regard, instinctivement, se place, se cale, sur la force d’une face, le tour de force d’un corps, l’humain aux prises avec le dehors. Quelle importance revêt cette réalité d’extérieur, est-elle truquée? Il ne le sait pas et s’en détourne, les hommes mentent mais selon lui la rue nous poussent nus au regard sans égard.
Sa technique relève du noir et blanc, IL pratique le numérique essentiellement, alterne compact et reflex.

IN SITU/ l’homme dans son fil – Portrait du photographe Guillaume Painchault.

Photographie : ©Regard mouvant- Guillaume Painchault

Isabelle Pompe L. In Situ, l’homme dans son fil – Portrait , novembre 2015

No Self Control

La fontaine bar

Par amour du personnage

 

 

 

Mordre la ligne

Pour l’absorption de la rencontre

 

 

 

Cadre

Pour la beauté des portraits

 

 

 

 

MCQ

Par jeu de mémoire

 

 

 

nantes

Pour la volonté des lieux

 

Article Numéro 200, pour, à ce jour, 228 abonnés, près de 10 mois de présence sur cet espace, 1596 likes: Un grand merci pour ces bienfaits!

Cet article possède l’exception de comporter cinq créations, il doit cela à ce chiffre, 200. Les sujets, presque des fétiches, sont tous traités avec la notion de jeu qui a fait la marque de fabrique des photographies du collectif. Nous avons eu pour idée depuis notre « commencement » en images de faire se répondre certains niveaux de lecture, de jouer avec les dimensions, les degrés, de travailler avec la notion de confrontation/Absorption. Comme toute histoire, notre principe narratif s’est servi de toutes les sources mises à sa disposition, des images à n’en plus finir, des rencontres, des histoires de rêves, des voyages de lieux et de personnages jusqu’à plus soif parce que tout, selon nous, est une pièce maîtresse possible, tout peut être personnage d’une histoire.

En espérant que notre territoire sied toujours à vos yeux.

Vous pouvez découvrir un  nouvel espace de présentation de mon travail et de mes collaborations, Tapku,  sur Tumblr: Merci

IPL.

Fréquentation

rencontre au duvet

Une histoire de rencontres

 

 

 

attendre à l'entrée

Correspondre aux attentes

 

 

 

différence de taille

La mise sous tension

 

 

 

marcher en ligne

Réajuster ses exigences

 

Avec Fréquentation, nous avons voulu aborder le thème de la rencontre,

Une histoire de rencontres apporte sa contribution métaphorique à ce qui pourrait parler de : Ce n’est pas le moment ou ce n’est ni le moment ni l’endroit, un temps où nous ne serions pas prêts pour telle ou telle rencontre. Cette photographie comporte un homme au visage apparaissant derrière le carreau d’une fenêtre, un duvet se trouve à ses pieds, il est en promenade avec son chien. Le cadre de la balade situe la scène dans un jardin qui n’est pas privé, grillagé, le chien est tenu en laisse. Ce duvet suggère la présence de l’autre. La rencontre ne se fera pas parce que le duvet est vide signifiant ainsi l’absence? Ou c’est une manière d’explorer l’opposition de deux mondes qui se croisent et ne se rencontrent pas.Peut-être la rencontre se réalisera puisque le duvet est vide, cela signifie que l’autre l’a quitté, qu’il a quitté cette place qui l’enfermait dans son invisibilité, par ce geste, il s’acquitte de sa place statique et devient disponible.Oui, ou encore, l’homme apparaissant derrière le carreau de cette fenêtre nous offre une visibilité non immédiate puisqu’ il se trouve derrière, etc…

 

Correspondre aux attentes présente une femme de dos qui attend sur un trottoir, un cadre ancien l’entoure.Est-elle attendue à son tour? Connait-elle cette personne? Que sait-elle de son futur interlocuteur/trice, une description succincte, un signe distinctif? Et pour quelles raisons est-elle ici à attendre, pour aller où, pour y faire quoi? Le cadre peut préciser des espérances, des retrouvailles importantes, la trace du souvenir, sa famille par exemple. La porte symbolise la puissance de l’acte, franchir ou attendre devant la porte, décider et choisir. L’ encadrement de la porte semble avoir subit quelques attaques, il a un trou suspendu au-dessus d’une ligne elle-même appartenant à une zone d’ombre. La femme se tenant à gauche, frôle la zone d’ombre, elle « appartient » à la lumière et regarde à droite mais d’où vient-elle?

 

 La Mise sous tension souligne le caractère disproportionné de nos attentes, notre besoin des autres, de leur avis, de leur regard, de leur soutien ou de leur approbation. La rencontre nous place sous une tension, parce qu’il y a un enjeu, parce que nous voulons plaire, être à la hauteur. Le réfrigérateur ne symbolise rien. La confrontation est amplifiée par la présence, en extérieur, de ce bien de consommation livré à   l’abandon et de cette ligne de hautes tensions SNCF. L’un est à sa place, l’autre ne l’est pas, l’un est dangereux, l’autre hors d’état. Ce contraste sert d’amplificateur à nos attentes vaines, inféodés que nous sommes, nous nous livrons parfois en pâture à un monde qui ne nous correspond pas. Faute de confiance en nous, nous nous abandonnons à du vide, à des situations qui nous desservent.

 

Réajuster ses exigences montre, avec un sens de lecture modifié, une ligne. Une voie ferrée et deux énormes « crocs » appartenant à une mâchoire mécanique se partagent l’espace.Le rail est la route à suivre, la voie à prendre et les crocs, ce, qui détruirait cette « logique ». Par nos réflexions et nos parcours nous avons toujours voulu préserver le choix, avec les sacrifices qu’il peut supposer, il reste cet indétrônable qui peut déboulonner, en effet, beaucoup de choses établies. Choisir, c’est aussi refuser, réajuster ses exigences ne signifie pas réduire celles-ci ou se contenter du minimum.

 

Enfin, nous avons beaucoup traité en images, dans nos derniers articles, le rail. Le train, la ligne, les arrêts, les gares, existantes ou supprimées, les départs, les adieux…Il est aussi l’exacte définition du chemin dépendant qui ne permet pas les libertés de la route parce qu’ il obéit à des horaires, à des tarifs, à des classes et à des périodes. Il est photogénique même si les photographies ne sont pas autorisées en gare et sur les quais ouverts au public. Beaucoup de films et de livres font référence à cet espace qu’est le train, ces wagons, ces compartiments permettant le huit clos et la tension qui peut y régner, les rencontres, brèves, les échanges, les nouveaux départs… Un sujet qui offre un poste d’observation quasi parfait, alors…

 Ruhe – Le Cirque.

Whole lotta love

Noyer

Du mépris de la stratégie

 

 

 

Perdre la main

Du refus de l’égoïsme

 

 

 

impossibilité

De l’incapacité à partager

 

 

 

Vide de la relation

De la beauté des propositions éventées

 

« Voici notre position actuelle en termes de géographie émotionnelle: nous sommes face à ces quatre points, deux de chaque côté, nous souhaitions effectuer une écriture de la lumière de cette particulière situation. »

Une mise au point photographique toute en message subliminal du collectif Ruhe – Le Cirque.