Vielen dank für Die Blumen #2

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Conception Ruhe – Le Cirque.

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Love Motivation Letter

Madame, Monsieur,

Forte d’une expérience réussie de dix ans dans la festivité de mon antre, j’ai œuvré, par deux fois il est vrai, dans un secteur peu reluisant.
Je pratiquai, de la manière suivante, une offrande de mes airs, un tapinage discret, mes produits de luxe étaient en échange dépourvus de leurs sens.
Je vous accorde, par la présente, que nos échanges furent féroces, que vos sbires ô combien voraces me mirent à sac, malgré cela j’ai toujours eu l’ambition d’évoluer et donc d’apprendre.
Actuellement, dans l’occupation de cet adverbe, je me tiens responsable de ma place, ce qui, à notre époque, peut relever de fonctions majoritaires en actions pour une affolante en estime de créer.
Je ne dois cette évolution qu’à mon parcours professionnel et à ma persévérance, c’est pourquoi je me permets de vous présenter ma candidature pour le poste d’ estimeuse de moi.
Mes expériences professionnelles diverses m’ont apporté une grande adaptabilité tant au niveau de la gestion de responsabilités, de situations qu’en termes d’horaires et de polyvalence.
Les sociétés avec lesquelles j’ai collaboré étaient toutes très exigeantes quant à la présentation, au résultat, à la capacité d’adaptation et à la réactivité.
Grâce à elles, j’ai pu acquérir rigueur, polyvalence et pragmatisme ainsi j’ai pu gagner en efficacité dans des situations dites de flux tendu. Grâce à mes solides compétences, j’ai pu mettre en place un projet de création d’entreprise en toute autonomie, puis laminé, ruiné, j’ai été sous l’arme de la contrainte, par une assignation à vendre et à partir. J’ai pu avoir une visibilité totale sur la vie d’une entreprise.
Aujourd’hui, fauché et sur un carreau grave en disgrâce, je ne peux vous proposer pour mettre un terme à cette sommation du pôle que des CUI-CAE, j’étudie le marché, suis à la recherche de nouvelles possibilités de développement et de partenariat.
En outre, je forme le personnel, gère les plannings, met en place des actions commerciales, veille à la bonne gestion de mes colonnes vertébrales bancaires.
J’assure également les ventes de bonbons, les gratuités fortuites, les heures remises en billet lors des salons professionnels internationaux.
De nature rigoureuse et pragmatique, je suis très généralement apprécié par mon environnement professionnel, de plus, j’éprouve un intérêt très vif à m’investir dans un poste qui requiert dynamisme, réactivité et négociation.
Dans l’attente d’un entretien, je suis dans l’obligation de mesurer, de compter, ce de manière obsessionnelle mes faims et mes soifs.

Veuillez agréer, madame, monsieur, mes salutations que j’imagine vous ne pensez pas sincères.

Ruhe- Cirque.

Le Grand chiffre 20 – prologue

Le Grand Chiffre 20 et son prologue.

Sens, des échangent sans distinction de place.

Sens: «J’ai le cheveu criblés de dettes et oui je parle de moi souvent à la 3ème personne, c’est parce que j’ai l’habitude des décorporations.»

Des: «Jusqu’à ce que je ne t’ai plus devant moi.»

Sens: «J’accorde beaucoup d’importance aux mots des autres, je leur donne les pleins pouvoirs.»

Des: «Il est possible de dire tout et son contraire à la même personne, par égoïsme ou par altruisme, je ne sais pas si l’amour a quelque chose à y voir.»

Sens: «Au lieu d’aller voir les gens qui vont te demander de sortir du traquenard dans lequel tu es.

Viens me voir en l’état, je ne te demanderai pas d’être quelqu’un d’autre.»

Des: «Tu m’épouserais ou tu m’épouserais pas si je lisais Musil?»

Sens: «Mais qu’est-ce que c’est que cette phrase? Comment tu l’as construite celle-là?».

Des: « Ce n’est pas compliqué ce que je te demande, t’as juste à dire oui, t’as déjà dit oui, non?»

Sens: «J’ai aussi souvent déjà dis non.»

Des: «Il y a des encore que l’on ne voudrait jamais plus prononcer.»

Sens: «C’est quand tes jours de présence dans ton corps que je sache, quand je peux te parler et obtenir une réponse?»

Access Denied # 1

Access Denied – 1

A cette lecture, un encodage, une classification est nécessaire.

Refuser la facilité sans le faire exprès ou sans en avoir l’air, ne pas savoir ou se demander, trop se poser de questions, trop de propension, de l’imaginaire, du créer sans vouloir, pas ou ne pas avoir, envie de cette prétention, ne pas avoir envie de cette ambition, ne pas se penser au point de croire que soi, seul, on puisse ou pas.Ne pas se projeter, ne pas donner corps, ne pas vouloir fonder ni avoir, ne pas se sentir de chair, ne pas vouloir d’allié, ne pas donner aux actes, ne pas souhaiter offrir, ne pas céder une once, ne pas rentrer, ne pas comprendre que la notion de place n’est pas de l’avis de tous, que la route comporte et indique, que la voie parentale prédispose, que la mère et sa figure, que le père et son portrait placent et indisposent, ne pas clamer, ne rien montrer, en avoir plein le dos de ces associations, en avoir ras le bol de cette appréciation, de cette ambiance, de cette tendance, craindre plus que le feu, la trace laissée, l’indiqué, le dit, la région, le lieu de naissance, les outils de famille, ses moyens, ses goûts et ses habitudes de vacances, je ne veux pas que ces signaux sacrés interfèrent sur ma vie, je veux que ces panneaux interdisent, empêchent, handicapent et refusent l’accès, mes souvenirs sont cette terre de nacre où seuls sont mes rois et reines où aucun étranger n’a droit de citer ni d’y venir ni de souhaiter s’y rendre, la connexion est mienne et lui a toujours reçu un Access denied, je ne veux pas de cette vie posée sur mes terres.
Placé sur un hors, sol, jeu, l’autre est tenu à l’écart, à distance, épargné ou sous le coup, je lui demande de se tenir en dehors, en retrait de ce qui définit celle que je ne suis plus et à laquelle il n’a aucun droit, aucune prise, je ne veux pas figer, rester, je méprise le limpide, je ne sais, je ne veux pas savoir, je ne veux rien à l’avance, pas prévoir, pas envisager, pas remettre à plus tard, je suis dans cette action qui ne s’arrête pas, je suis sans cet acté, providentiel, pour certains, marcher, poursuivre, enduire et nourrir, prendre, reprendre, cycle d’appartenance aux allures bien faites aux faits rondement menés, cousus de fil blanc.
L’acté prend le pas sur la réflexion et je le rebute, je le rase, je ne me prends pour personne, à peine ai-je les contours perceptibles, les lignes entraperçues, une forme dans l’action qui ne pourrait se définir, se nommer, se désigner, je suis sans désignation, sans titre, les expériences et les contrats sont seuls maîtres à bord, peu importe le prestige ou le quotidien, je suis de passage, ne m’arrêtez pas, je ne m’arrêterai pas, sur mon endroit, ces apparitions sont les témoins de mes brèves, je suis courte, quelques heures tout au plus, quelques jours, c’est assez, point de tolérance et pas de possibilité d’ancrage, je veux sortir, ne pas être retenue, ne pas être invitée à revenir, je suis dans la correction impossible de votre place, ne m’imaginez pas, je suis déjà ailleurs, ce chaque jour suffit ou altère, je ne suis déjà plus celle que j’étais hier, je ne sais plus, qui étais-je alors, et dans ce demain de demain, comment vais-je disposer de mon corps, dans cette allée, dans cette rue.
Toute la complexité réside en cette fidélité extrême à l’instant et dans ce refus catégorique et invariable à la projection, je ne suis déjà plus, alors pourquoi souhaiter revoir, revenir, garder, pour mieux reprendre, celle-ci me tracasse, à moins que cette vie de vivants aux études, aux parcours, aux C .V, aux rencontres, aux bavardages, aux amours minables, aux appauvrissements de soi, la réduction, on ne savait pas trop quoi dire, ou demander, je ne saisissais pas que la proposition était faite et qu’ainsi formulée, elle devenait convocation et attente, je n’ai pas répondu et puis trop tard et ce d’une façon littéraire, j’ai dit, trop petit, trop calibré, trop à l’étroit dans la misère du possible, ils se sont enfuis, en silence, se sont éloignés et puis aujourd’hui je les imagine, je les vois, bourgeois fatigués et désireux de se mettre au vert, changer de vie à mi- vie, reconsidérer la quotidienneté de ses taches.
Qu’aurais-je bien pu faire avec ces mentalités de paraitre, de construire à devenir, que ferais-je encore avec ceux dans le devoir, ces jaloux désireux de prendre, ces fils voraces qui se font chier, ces appelés, ces revendiqués?

IPPE.

Notes sur Access denied- « ACCESS DENIED, présenté ici en cinq parties, est un extrait de la dernière création de notre auteure IPPE, ce texte n’est pas une lecture facile, il a ,tout d’abord,été présenté sur la première plateforme d’expression du collectif à savoir over blog, puis nous l’avons placé sur We love en words en exclusivité de lecture pendant 1 mois, cette 1ère partie n’a rencontré que l’intérêt de 9 lecteurs. » Ruhe Cirque – Octobre 2014.

Access Denied # 5

ACCESS DENIED – 5

Classification identique à l’ensemble des 5 extraits: Lecture peu aisée.

Fin de cet extrait, terminaison nerveuse du  » Sacre des cendres, de l’auteure IPPE.

Sans une idée de retraite, de bien accomplit, poursuit, sans cesse en rencontre, sans cesser d’autres visages, des métiers aux actions à la parité parfois certaine, elle se voit dans ses études reprises, dans ce nouvel, refaire sa vie, faire, sans désir de mur, sans commodité, elle se jette dans ces inconnus, se promène dans sa solitude et se sent ainsi tranquille, toutes ces femmes, toutes ses femmes.
Ils n’en auraient pas supporter le tiers, à peine avaient-ils croisé celle-là que déjà l’autre les faisaient craindre, et puis, n’avait –elle pas autre chose à faire que de vivre ordinairement dans des espaces propres et propices, n’avait-elle pas envie de voyages, de mouvements, elle, rangée, aplanie, pourquoi a-t-elle toujours attiré ces commerçants, ces tapineurs et ces dealers, pourquoi cette fibre, pourquoi ces êtres en demande de sécurité, elle, en tout point exemptée.
Comment cela se peut-il, se convie elle souvent à se demander, qui pourrait répondre, quel portrait pourrait-elle bien faire d’elle-même à cette heure, elle est charmante, elle peut et est solidaire, son amour des gens oui mais qu’est-ce qui ne va pas dans son énoncé, qu’est-ce qui n’est pas clair pour qu’à un moment, l’autre se tape les jambes contre ses murets, elle ne sait pas toujours, elle, dans ses aveux bousculades, ne suscite pas l’escompté, fait se sauver, terrorise.
Une femme ne peut donc pas donner à entendre sa voix, les projections font taches, elle n’aime pas ses draps, ses foulards, ses morceaux qu’on lui pose sur la face, elle, ne veut pas de leurs images, et puis, qu’en ferait elle, une fois, l’image diffuse, le courant se dissipe et puis quoi, l’autre reste à sa place, ne répond pas, ne s’invite pas, ne propose pas grand-chose, du bancal, des journées à ne pas sortir, à s’emmerder dans un décor triste de poussière.
Cet autre qui se sent seul à mourir, que peut-elle, elle qui aime à sortir, rencontrer, qui jacasse, qui prend vie au contact parce que les autres lui ont cruellement manqué, elle, dont les batailles furent et restent des pas d’ensanglantés, des pas de morts, combien, peuvent-ils envisager, peuvent-ils imaginer, combien, de combien d’images et de quel ordre sont celles-ci, de combien de tensions, de combien de terreurs, de colères, je ne pourrai pas, voilà ce qu’elle a parfois entendu, elle, assiégé et grandie par la perte, s’entendit dire qu’ils ne le pourraient pas.
Ils ne la recherchent plus, le seul qui lui ai demandé fut un très ancien, joignable elle l’a été, elle a donné, offert, tendu, elle qui a des ressources, qui se voit dans un retour non anoblit, une remise à zéro de ses compteurs, investie par sa cause, et non dans une course, elle revient, ressurgit, reprend un poste inférieur car l’importance est ailleurs, elle, qui par deux fois, s’est trouvée bien en deçà, elle qui est capable de se priver au nom de sa liberté, elle qui accepte le danger, la perte car l’enjeu en vaut la chandelle, elle qui opte pour le tout au début puisque chaque fois c’est apprendre, aujourd’hui lancée dans une poursuite qu’elle aurait déjà entrepris dans cette ville.
2005, se souvient-elle d’un seul coup, d’un seul tenant, on lui dit, ce deux et ces trois lettres prenaient chair à ses yeux dans cette impossibilité de confiance, d’alors, elle eut pourtant l’idée à cette fin de contrat de changer, de faire cette offrande à sa vie, les conditions étaient pour la plupart remplies, ne manquaient que le temps et la détermination.
En ce jour, de 2014, année actée par ces deux, elle remplit des candidatures en respectant les consignes temporelles, a-t-elle envie de s’assagir, de rentrer dans les rangs, non, elle se sait sous la condamnation d’ un bis repetita et souhaite en finir, revenir à l’origine, qui l’aurait cru, peut-être elle, 15 ans plus tard, la même fonction, le même revenu, elle est pourtant dans cet ailleurs, elle met en œuvre, souhaite s’étendre, ouvrir ses possibilités, se voir confier, recevoir enfin la confiance et non l’empêchement de salaire, l’empêchement de poste et d’évolution, non ce n’est pas le plafond de verre.
C’est bien c’est arrêt de 1996, les conséquences de ses actes, elle les mesure aujourd’hui et constate l’étendue de la connerie, sur quoi repose ces histoires, hors champ, hors cadre, elle voulait rester tranquille, sans vouloir, puis au contact, au constat, elle compris, que l’intime possède les même bases de données, les critères étant les mêmes, les mots et le vocabulaire, elle qui reçut au visage toutes ces formes de rejet et d’incompréhension, elle, qui se savait in-soutenue, s’embarqua dans ses demandes, de cette académie citée en bas, elle ne connait rien, une ville qui lui permit, qui lui offre, se dit-elle et qui ne sait rien de moi, est une ville avec laquelle je vais travailler.
Le don ainsi se donna à lire, en toutes lettres posées, à ce Paris, sanguinaire, à ce Paris, tortionnaire, qui lui livra bataille, qui lui opposa son véto, qui lui somma de rester dans l’illégalité ou de partir. De ce Paris des mauvaises rencontres, de ces plans sur la comète, de ces venus ici piller et repartir les mains chargées d’expériences, elle s’est fait foutre à la porte et durant ces dix ans passées.
Elle se demande aujourd’hui si elle avait bien fait, si tétanisée par ces passages au vitriol, elle, à la figure pâle, aux traits tirés, paumée, en vadrouille dans une ville de carrière, dans une ville de trace, les correspondances ne se sont pas faites, et de ce Paris, il ne reste rien, en fumée, bannie, jusqu’au bout de ses droits, d’autres sont partis, à ce qu’elle voit, ont annoncés eux-mêmes, et de cette possibilité plus que de cette chance, elle n’a point voulu, ailleurs, dans un arrière, point de pays, dans ses dates, n’a rien à ajouter.
Ses évolutions sont saccadées mais les drames l’ont encore grignotée, elle se sait ici encore dans un manque, un manque terrible, qui va-elle croiser cette fois-ci, qui va –elle avoir devant elle?

IPPE.

Note sur ACCESS DENIED 5 et l’ensemble du texte: Ces cinq textes ont été mis en lecture exclusive sur la plateforme « we love words », les 5 textes ont reçu l’honneur de 32 lectures au total, ce du 20 septembre 2014 à ce jour de publication, 22/10/14, nous reprenons nos droits sur ces 5 parties d’Access Denied, 4 sont supprimés, de ce fait, de cette plateforme, la seule disponible en lecture est la N°1. Ruhe – Cirque.

La reine du carreau – 2

La reine du carreau – Part two.

Avec l’arrogance du pronom, qui me casera, qui me planquera, me laissera sur un banc dans l’espoir que je sois prise, emportée, apportée, offerte, qui me couvrira d’un papier cadeau, qui me glissera dans son sac pour m’emmener en voyage, prendrai-je des avions, aurais-je des taches, serais sous la poussière, serais-je à hauteur d’yeux, exhibée, là, à montrer, à signer par ma frappe l’intelligence de l’autre et son appartenance à ma caste, qui me soldera, me collera une étiquette, un bandeau, un prix, une remarque, une annotation sur ma couverture, qui me donnera son nom à l’intérieur pour que je le préserve, qui me verra jaunir, qui me brulera, me laissera entre les mains, sous les coups de feutres, de stylos, arrachant les ailes de mes pages, qui me portera dans son cœur, qui me jettera au visage, qui me passera par la fenêtre, qui me maudira pour avoir été le mauvais cadeau, sous quel mauvais sort, sous quel bureau vais-je servir de cale, sous quel pied, sous quelle pluie, sous quel soleil et avec quels sables, quelle boite à gants, quel wagon de métro, quel fauteuil de bus, teor, autocar, tramway…
Sur quels genoux, sous quels yeux, entre quelles mains, avec qui ferai-le lien, qui verra en moi un écho, une trahison, un être fraternel, qui trouvera sa patrie, qui me désignera comme réceptacle, de moi, on choisira un texte, un extrait, pour une cérémonie, quel être vais-je accompagner.
Quelle qualité pourrait-on trouver aux actions de cette reine de la méprise ?
Quels derniers jours, quel Atget, quel vertige, quel temps pourrait être dans ses veines noircies par ces sons, que et comment, d’où pourrait provenir, elle, qui par de très nombreuses fois s’est planquée dans un confort de tapinage, d’argent trop cher et de pas, ne pas être ni ne voir, ne pas pouvoir, ne pas imprimer, ne pas envoyer, ne pas aller, ne pas rester, ne pas donner, trouver prétexte, trouver raison, trouver injustice, trouver béant ce trou, flanquer un coup mauvais à son sort en le piétinant, ne pas vouloir entendre, ne pas avoir de porte, passer les entrées sans vouloir laisser de trace, se faire discrète, se masquer, ne pas parler, ne pas prendre la bouche, ne pas sortir de sa gorge, les épaules rentrées, tapis sous son poids, repasser, laver, faire et ne pas finir, changer, se changer, transpirer, se parfumer, lire et délire, lier et laisser, faire des nœuds, faire des remarques, supporter avec difficulté, avoir la tête fâchée des jours lourds à digérer, ne pas être entendue, écoutée, ne pas en avoir rien à foutre, se faire arnaquer, se retrouver condamnée, la reine du carreau c’est cette face de crin, cette tête de marque, cette peau plissée, cet air d’ailleurs.
Elle est posé sur ce carreau, prostrée, les jambes coupées, les bras rompus, les doigts rongés, les cheveux qui tombent, le muscle qui pend, elle est là, des cailloux pleins les chaussures, des candidatures plein la tête, des lettres plein les yeux, elle est sur cette bute, sous cette botte, sur ce trottoir, sous ce pont, sur cette route, sous ce plafond d’air, occupée à la divagation, à la crainte, à la torpeur du sortir, saignée, à la gorge tachée, à la fonte de l’espoir qui coule de ses poches, elle est dans cette ville nouvelle, aux clochers nombreux, en nombres occultant, aux trois gares de jadis, à la Seine séparatiste, elle essaie de marcher, de descendre le long de ce trottoir, moins d’escaliers, plus vite arrivée aux bras de la foule, en cette rue de Saint piétonne, elle ne guette plus, ne sait pas même où vont ses pieds, qui guide, qui est aux commandes, à qui obéit-elle, combien y-a-il de carreau, le sien elle en est reine, le sien est son ordre du jour depuis le temps, sait-elle, le sait-elle.

IPPE.