Cabine is coming

Une volonté de mettre à la vue cette cartographie de cabines téléphoniques, telle est mon intention pour ce tome 4 du projet global ODC. Celui- ci a pour titre: « le jour où l’objet s’est arrêté. » A ce jour, je n’ai pas de lieu ni concrètement les moyens financiers pour finaliser cette 4ème partie, ce pourquoi, j’ai mis en place cette initiative, « Cabine is coming » sur Leetchi: https://www.leetchi.com/c/cabine-is-coming

Est détaillé le projet, et l’envie très forte de donner, enfin, une place à cette entreprise iconographique qui a vu le jour en 2015.

cab defe

Ici, La Défense et là, Rouen et son quartier populaire de la rive gauche, Saint- Sever….

cab st sever IPL

Une démarche sociologique, un travail sur le temps, sur ce qui disparaît et qui sera désormais invisible.

Là, Bernay dans l’Eure.

Kashmir

Ici, Celles devant le bâtiment principal de Sciences sur le campus de Mont – St -Aignan aujourd’hui fermé.

twins IPL 2017

Rouen, rive droite, à côté de la CCI Métropole.

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Rouen, rive droite, Place de la Calende

Wasted sleepless nights

En noir et blanc et en couleur, elles traduisent à la fois l’occupation et l’abandon d’un espace public.

Ici, Landepereuse, un village dans l’Eure.

landepereuse cabine IPL

J’ai tenté de saisir photographiquement leur disparition imminente car elles sont aussi, pour moi, un personnage central de ma cinéphilie…

cabine rouen saint sever isabelle pompe

Merci beaucoup à vous pour votre soutien,

IPL, 2018.

 

 

 

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Expo Tribute to Marcel Duchamp, Rouen

Hier, 5 avril 2018, c’était vernissage. L’exposition, en question, « Tribute to Marcel Duchamp » à l’hôtel de Ville de Rouen. Je fais partie des 40 artistes invités pour cet hommage à l’occasion des 50 ans de la disparition de Duchamp. (Né à Blainville- Crevon (76) et enterré au cimetière du Monumental à Rouen.) Tout cela, je ne le savais pas en 2014, lorsque j’ai débarqué dans cette ville et ai eu bien du mal à le croire lorsqu’on me l’a raconté. Il s’est passé beaucoup de choses depuis. Mes premières investigations au sujet de l’image datent de Paris, alors que j’étais spectatrice d’une exposition à la MEP (Maison européenne de la photographie) et que je découvris, Erwin Blumenfeld. Mais, pour être plus près de la réalité, je crois que l’image est entrée dans ma vie avec le cinéma, donc beaucoup plus tôt. Ce pourquoi, l’écran, la surface écranique, le générique, la scène, le décor et l’ambiance marquent profondément mes productions.

Fragments d'un objet déprécié

« Fragment d’un objet déprécié » est une réflexion sur  la désuétude et la sacralisation de l’écran. Objet observé sans relâche qui mit, à ma disposition, toute une production cinématographique, objet enfermant, vase clos mais aussi, accès. Il est ce paradoxe existentiel qui m’a servi d’écho et de medium pendant ces 4 années incursives et pulsionnelles de création et d’expression. Les phases notables, dans l’évolution de mon univers photographique, sont très simples à appréhender, il y a eu couleur, sépia, noir et blanc et couleur. Il y a eu images puis gravures. Mots, métaphores et paraboles.

En 2014, je commence à travailler ma seule matière première disponible, la perception de mon image et tente alors la narration d’une succession d’épreuves. De l’approche de la désertique à l’hystérie du montage, du deuil à l’obsession du foisonnement voire de l’excès, du brouillard à la clarté, il s’agit d’un passage au travers le temps qui comporte bien peu d’escales.

de la douleur en couleur.JPG

C’est en fouillant, dans ce monticule numérique incroyable que peut être un disque dur, que j’ai pris la pleine mesure du nombre de photographies que j’avais conçues, montées, imbriquées et retravaillées en 4 ans, près de 7000.

Je suis passée d’une image portrait empreinte d’émotion à la mise à sac de mes convictions. La réalité qui ne peut être contournée. La frontalité de l’objet en proie à disparaître. De là, a surgi, une obligation cartographique d’un objet mémoriel: la cabine téléphonique.  La question morale de la trace était, de plein droit, l’objet de mon travail. Ici, les restes d’une machine inscrite aux anciens abattoirs de Petit- Quevilly, découverts peu de temps avant sa démolition que j’ai souhaité signer comme on marquerait une bête.

To Petit Quevilly boule à neige

Peu de temps après, des instants, qui me semblait tout traduire, se présentaient à mes yeux. Puis, ces motifs, ces impacts se sont réintroduits dans mes expériences: après la disparition, il me fallait traduire l’absence.

ultra marins IPL

La couleur, toute puissante s’est, par moment, évanouie, trop brutale, trop complexe à domestiquer, ou alors, en passant par des stratagèmes et user d’homothétie pour pouvoir l’ingérer à une production exploitable. C’est pour cette raison que je suis arrivée le jour de mon vernissage du 16 mars 2018 avec beaucoup de stress. Pour la première fois, j’allais donner à voir cette couleur sans pitié à même d’envoyer valser quiconque s’en approche et qui n’est pas digne.Elle, qui ne pardonne pas l’erreur, l’approximation. Très difficile à maîtriser. Je me l’étais interdite durant 3 ans, par peur de ne pas être à la hauteur de ses exigences pigmentaires. cette matière couleur m’a fait plus d’une fois déchanter, quitter le medium photographique car je ne parvenais pas à franchir, à dépasser un cap.

fotos vitrines ipl odc 1 t.jpg

Pour « L’ordre des choses « , j’ai produit 8 images couleurs. Le tome 1, présenté en  bibliothèque, m’a demandé de leur apporter une autre intégration. Toutes étaient là, dans des vitrines, jamais seules, comme si je ne parvenais toujours pas à les livrer à la rigueur d’un mur.  Un geste précieux pour ce qui m’a demandé beaucoup de temps. Un acte respectueux presque sacré.

Hier, avec ma participation au demeurant très petite par sa taille comparée aux œuvres présentes, je me suis sentie tendue. La vulnérabilité, le refus de la cimaise et du cadre, son contrecollage aux bords francs, elle se trouve être dans ce couloir d’exposition avec son cartel incompréhensible. Plus proche de moi que toutes les autres, elle et son inscription artisanale sur le front: « Welcome to the object land », cette femme en gros plan aux yeux abîmées par le face à face écranique, c’est l’instant T d’une narration personnelle, sans fictivité aucune.

IPL, avril 2018.

 

IPL, trois initiales

odc installation room IPL

Trois lettres en guise d’initiale, un nom voire deux pour la mise en place d’un projet qui a vu le jour en 2017. Ces trois dérivations autour de l’objet ont constitué trois tomes dont l’un vient de s’achever. Il nous a sauté aux yeux le 16 mars et, est aujourd’hui, terminé. Un moment étrange que celui de défaire, de décoller, d’emballer. Se retirer de ces murs ou se détacher. Enlever cette matière personnelle de ces verticalités qui, elles, ne le sont pas. Cette exposition aura connu un curieux accueil, elle aura existé seule comme une entité libre mais tenue à l’écart de ces occupants, ces bibliothécaires qui ne lui ont guère posé de questions. Rarement, ils ont eu à la regarder, bien peu, et dans cette ambiance froide, j’ai, durant trois longs jours, inscrit, planté, creusé cette peau blanche en espérant lui donner une allure, des airs pour contrecarrer cette désuétude d’espace clôt.

ODC mirror 2018 tome 1

J’ai souhaité donner au livre une place d’honneur, comme celle qu’il occupe dans ma vie. Du très grand format jusqu’au 6 x 8 cm, ce cadre a détenu mes réflexions, mes souvenirs, mes hommages et mes essais durant 15 jours. Soit très peu, pas assez pour marquer, trop peu pour être vue voire revue, bref, un test comme un retour sur soi qui, une fois, déforesté de mes usages photographiques fait peur à voir.

ODC end 03 04 2018 IPL

Là, dans des sacs, cartons et autre valise, se sont retrouvées celles qui étaient, il y a peu,  l’une en face de l’autre. Et c’est cela qui est troublant, de devoir museler un travail qui ne reprend forme et existence qu’une fois exhorté, qu’une fois sorti de ces espaces de retranchement. Deux ans, il m’aura fallu pour que cette parole photographique puisse prendre l’espace qui lui est du. J’ai hâte de pouvoir, par respect pour ces images, les mettre au jour à nouveau.

ODC end 03 04 IPL 2018

Je les entends…

Exposition du 15 au 31 mars –  ODC Tome 1:  » Le jour juste avant les choses » – Bibliothèque François Truffaut/ Petit- Quevilly

Isabelle Pompe L.  – ODC/ Ordre Des Choses – Avril 2018

ODC # 1 – IPL and colour

ODC c’est L’ordre des Choses ou d’Echose, un projet photographique conçu par IPL qui a pour objet, la narration syncopée de 4 tomes.

Il prend la forme d’un récit qui se déroule sur une période précise:

  • Entre le 27 septembre 1968 (évènement majeur car date de sortie française du film de Stanley Kubrick, « 2001 l’odyssée de l’espace »)
  • Et le 2 octobre 1968 (Décès de Marcel Duchamp)

1 tome est égal à l’étude d’un jour.

Un travail sur la fictivité avec la constitution d’un laboratoire de recherche sur le caractère incarné de l’objet dérisoire.

ODC - IPL 2017

Visuel exposition Bibliothèque

Le tome 1 prendra ses effets le 14 mars au sein d’une bibliothèque, haut lieu d’expérimentations….

Deux ateliers seront alors proposés pour la période,  » la rue est une mine d’or » , un rallye photo tout public, ainsi qu’une proposition pour des collégiens: « Raconter le moche » ..

A suivre donc pour l’itinérance du sujet qui, à ce jour, est parvenu à trouver trois lieux d’expositions, il en reste un!!

IPL.

 

 

 

 

Object Land

ODC – 2018/

Expositions photographiques et images fictives sur territoires pluriels

Tome 1/ « Le jour juste avant les choses « – 14 au 30 mars                                           Bibliothèque François Truffaut / Le Petit – Quevilly

Tome 2/ Participation à l’ exposition collective  » Tribute to Marcel »                                        05 avril au 17 mai à l’ Hôtel de Ville de Rouen avec « Watch box: Welcome to the object land ».

Marcel Duchamp est à l’honneur avec « Duchamp dans sa ville » pour les 50 ans de sa mort et dans un but de familiarisation et de reconnaissance par les citoyens (touristes et résidents) de cet artiste né à Blainville – Crevon (76) et présent à Rouen et ses environs jusqu’en 1924 – date à laquelle il commence à concevoir les Rotoreliefs (présentés en 1935 au concours Lépine) – enterré au cimetière Monumental de Rouen avec la fratrie Duchamp – Villon.                                                                                                                                Ce projet est porté par l’Université de Rouen Normandie et la Fondation Flaubert et très  largement soutenu par l’ensemble des structures et collectivités du territoire normand.

Tome 3/ Circulation exposition collective (avril- Novembre)

Tome 4/ Proposition pluridisciplinaire (fin mai) « Objets, année Zéro »

« La rue est à la photographie ce que le musée est à la sculpture » IPL.

odc cover

« Chant lexical d’Emode » – IPL – 2017

 

odc cover 4

« La théorie de la voirie  » – IPL – 2017

 

Watch Box Ville de Rouen expo IPl 2017

Watch Box, Welcome to the Object Land- IPL – 2017  

Mercurius

regard mouvant guillaume painchault expo interzone

Crédit photo: Guillaume Painchault – regard mouvant

Exposition Interzone au Point Limite du 2 au 30 avril 2016 à Rouen- Photographies issue du projet TAPKU testé et apparut sur les plateformes WordPress et Tumblr.

Avec cette invitation au Point Limite, j’ai souhaité convier Gaspard Lieb, un dessinateur/Graveur et street artist rouennais. Cette exposition est une expérience unique, j’écris, je change la peau de mes photographies, elles sont et seront présentées sur des supports qui deviendront des apports, des ajouts de matière…L’expérimentation et l’imagination deviennent sœurs, l’écriture et la photographie des consœurs subjectives de conscience.

J’ai invité des artistes musicaux pour deux performances, le 22 avril, Hubert Michel, un compositeur qui se définit ainsi:  » Musique concrète improvisée.Sans schéma préétabli, ni grille définie.Composée en direct, le musicien opérateur de son concrètophone (patch logiciel simulant les manipulations primaire de la musique concrète) génère une musique où les sons modèlent la composition.Ce sont les objets sonores de part leur morphologies, et leur typologies qui guident l’écoute, la compréhension et l’acte de composition » et le groupe « Les Fantômes » qui se produira le 30 avril pour la cérémonie de clôture de cette exposition éphémère et joueuse.

Interzone c’est un texte aussi que j’ai écrit en mars de cette année en réfléchissant au titre de cette exposition et à ma rencontre avec la Seine maritime en 2013 grâce au mercaptan alors que je résidais à Paris.

Interzone

 « Mercurius Captans, philanthrope et résident sans malchance de Seuil haut, quoi que très tôt contracté par l’obsolescence, tempérait ses effluves à fleur de risques en ces jours respiratoires. Ces rares heures là, il avait la tendance ruineuse de ne plus nariner afin de préserver intact le shoot qu’il réservait aux derniers verres et aciers récalcitrants.

De son séjour long en Seine gauche, il gardait propres ses souvenirs. De ces paysages monochromes et embués de cette fiévreuse Normandie, il en avait corné les rives, avait léché les affres bruts de ses briques de Bièvre, avait extrait un à un de ses boites vivantes le soluté humain de Sever libre.

Une limite au point plus tard et déjà son état apparent n’avait pour valeur que celle de cet autre Sang sucre, l’accompagnante  Rubis Terminal. En proie, quant à elle, à ses demeures assignées, essuyant sans cesse les cieux frêles d’ Haropa de sa nappe sudoripare et qui avait pour toc la dissolution du moindre asphalte. Par ce faux geste de soulagement, elle avait commis l’erreur, sans être à même, à ce jour, d’en avoir connaissance. L’erreur d’avoir épargné un espace où l’air est capitalisable, à savoir, Interzone. Cette focale exsangue d’ouverture avait pour grands angles des murs et rues en écritoires qui rappelaient une citadelle où jadis avaient persisté les dernières Apparitions.

In situ, « les invisibles », par tous les moyens pelliculaires à leur disposition, tentaient de faire disparaitre le moindre révélateur, la moindre surface sensible susceptible de témoigner de leurs traces. A peine percevaient-ils les couches discriminatoires de leur présence, que déjà leur apparition distinctive développait les nouveaux films. Tous palimpsestes se devaient d’être imperméables, ininterprétables. Ces rues, fidèles aux préceptes de leurs résidents, effaçaient, par effets de contraste, tout indice perceptible, permettant ainsi à Interzone une résistance frontale aux gravures, conditions sine qua non de sa survie dans ce monde empreint de bleu.  « 

Isabelle Pompe L

 
Inetrzone-flyers

crédit photo: Guillaume Laurent/La base du Mouvement

carteInterzone

Mon travail a intéressé aussi, ce d’une autre manière.. Avec la réflexion littéraire suivante liée à la création photographique nommée Tower-

« Tout est vrai et tout est faux
Brouillards, montez! Versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Que noiera le marais livide des automnes
Et bâtissez un grand plafond silencieux!
Poésies, Stéphane Mallarmé,1898
Je n’ai pas rêvé. La preuve, c’est qu’il me reste un carnet noir rempli de notes.(1)

Mais aujourd’hui l’ennui me dessine et les bulles bienaimées me protègent. Dehors l’opacité de la bruine. Je décapsule une Guinness, m’allonge sur le lit et m’assoupis l’esprit embrumé.
Je me souviens d’une campagne normande qui décline les herbes tendres, les vaches molles et le clocher ceint d’un petit cimetière bourbeux. Ça et là des bosquets et des clôtures. Espace insolite si on y adjoint une cabine téléphonique comme il n’en existe plus maintenant. Seul.
Mais où sont-ils tous ? La nature est hostile, j’entends des grognements de mammifères, le martèlement de sabots et le sifflement de flèches dirait-on. Mes doigts sont gelés, ma peau brûle et l’odeur de poudre est insoutenable. Au cou, des dents carnassières et le crâne scalpé.
Pourquoi m’ont-ils laissé tout seul dans ce brouillard ? Des nappes noires alternent avec des zones hachurées, calligraphie extraordinaire de vigueur et d’effroi. Des barbelés me barrent la route et si je tourne le dos j’entrevois un abîme de flots tumultueux parmi des pics acérés.
Depuis les cieux jusqu’au tréfonds de mon âme se dispersent les nuées qui emplissent mon gosier et menacent mon foie. Je ne puis avancer, la terre flotte sur le marais, les flammèches consument les os, une femme avance et chuchote en une langue inconnue de moi.
(1) L’Herbe des nuits, Patrick Modiano, 2012

Je l’entends et elle me rend triste. Tout est vrai et tout est faux. Je ramasse au sol les petits
bouts et tente de les rapiécer. Une cloche sonne faiblement, un homme de sa langue recueille l’eau qui dégoutte des mélèzes, un autre tire lentement de sa pipe des rets de fumée. Je me souviens d’une campagne normande qui décline les herbes tendres, les vaches molles et le clocher ceint d’un petit cimetière bourbeux. Ça et là des bosquets et des clôtures. Espace insolite si on y adjoint une cabine téléphonique comme il n’en existe plus maintenant. Seul.
Mes paupières semblent cousues d’un fil de vapeur. Troublé, je me soulève. Le chagrin
persiste dans l’obscurité automnale. Mes yeux percent la pénombre et distinguent
confusément les tracés sur le carnet noir rempli de notes. La preuve que je n’ai pas rêvé.
27 février 2016 -© Catherine Robert

Alors, merci!

IPL

Episodes photographiques

she shook me cold

 

 

Wish You Were Here

 

 

Got to give it up

 

 

keep your lips sealed

Tapku était un projet, il est désormais un work in progress photographique actuellement présenté sur Tumblr et fortement soutenu, le sujet est la femme comme portrait fictif, autoportrait et personnage, il sera exposé dans différents lieux sous la forme d’épisodes en cette superbe année 2016, Merci!

Merci pour votre soutien, votre présence et vos commentaires depuis le début, à l’origine!

©Isabelle Pompe L.