Pendule

immeuarbre

arbrehaut

stairs

melstrar

arbrebas

« La noirceur de l’éternelle nuit m’enveloppait.Je fis un effort pour respirer.Il me semblait que l’intensité des ténèbres m’oppressait et me suffoquait.L’atmosphère était intolérablement lourde.Je restai paisiblement couché, et je fis un effort pour exercer ma raison.Je me rappelai les procédés de l’Inquisition, et, partant de là, je m’appliquai à en déduire ma position réelle. » Edgard Allan Poe/ Le Puits et le Pendule.

Conception Ruhe – Le Cirque.

Publicités

La reine du carreau – 1

La reine du carreau- Part one.

Il me suffira de me trouver sur cet abscisse et ordonnée pour que vous soyez à même de me donner ce titre, je suis dans cet espace mal fait à la fois dotée et forte et dépourvue et en manque, sur ces lettres qualifiées de motivation où rien ne vient poindre ni perturber l’ordre séculaire et ordurier de celle qui dans son chaque jour aura de la peine à dire j’ai de la chance et je connais le privilège.
Pourtant, on aurait pu penser et même on pourrait croire mais à sa décharge, elle ne sait ni ne sut s’y prendre, à son parcours, à son désir, à ses particules difformes, elle ne céda qu’une once de terrain de peur d’être entendue, remarquée par peur de perdre l’équilibre du tréfonds dans lequel cette reine, dite du carreau se place.
Elle ne supporta plus son style ni se relire ni de délier, ni partir, entrer, avoir à entendre, s’entendre toucher, elle ne voulait plus voir, ni ses images ni ces lieux, ce carreau jamais morcelé ni en miettes ne quitta son cou, ne quitta sa loge, elle, entrainée à se nier, à se cacher, à se casser, quelles sont ses manières, quelles sont ces idées, à ses beuveries de mots indolores elle ne prêtait que quelques idiomes, rien de plus que des mathématiques sans prestance, une écriture d’allégorie, de faim et de soif sans chair, de manque, elle, avec ses accrocs de faïence, se causait ce tort, elle, en proie à la malhonnêteté, en proie à la flippe viscéral accrochée à la gueule ouvrait, fermait son bec, apparaissait appareillée par sa bonne fortune, puis disparaissait, laissant le souvenir, laissant l’autre à ces demandes insatisfaites, elle, la demeurée du temple était reine du carreau, à s’y méprendre, on jurerait qu’elle avait bonne image et qu’elle figurait parmi, non, elle n’était pas sur ces espaces, pas sur ces terres de valides, une reine sans prestige mais à la perte sans fond, sans fard est sa visibilité car bien trop maquillé est son mot. Elle ne fit pas que tomber, elle ne se prit pas que les pieds, elle n’osa s’avancer, se montrer, rencontrer et échanger fut plus complexe que vendre.

Malgré un high level, son interrogatoire de la vie était foiré, sans guide ni mode d’emploi, elle ne savait où se trouver, à quel moment, quelles sont les horaires de ces trains, à quelle heure commence le spectacle, vers qui me tourner, qui êtes-vous, puis-je vous demander et vous demander quoi de quoi parlerons nous, apprécierez-vous mes silences, qui suis-je pour que vous les appréciez, je suis une femme, une présentation, une image, je suis cette incapacité à garder, à sortir, à vous voir et à vous regarder, je suis cette reine de l’impossibilité, celle qui ne tient pas à rester, celle qui méprise les ateliers, qui ne souhaite pas parler de son écrit ni de son action, sa bouffe, intéresse quelqu’un, sans cet apostolat, sans cette forme légumineuse de calibre, je ne suis rien aux yeux de ces lecteurs, aux yeux de ces chercheurs, de ces espaces de vente, je suis celle qui entame, qui poursuit, qui corrige, réfléchit, refait, boit, améliore son roux, et la littérature elle –même ne se fout-elle pas de ma gueule de carreau, de reine restée à quai, celle qui n’osa pas, celle qui fit mine et qui en souffrit terriblement, celle dont les souffles sont saccadés, celle dont le travail ne se voit pas, ne se compte pas, ne sort pas sur ces étals, celle dont les mots sont condensés, sont inscrits et répertoriés, classé par ordre, de l’alpha au type, mon nom est p, ou bien I, où vais-je être, comment classer cette chose indéfinie qui colle aux basques, comment narrer ce dialecte de bref, de peu, comment montrer et puis comment la présentation se fait, le charme, le coup est-il de cœur, le cœur est-il de marbre, de fer, je suis cette reine aux doigts mobiles, aux idées vastes mais aux trous béants de sol, appartenir, revendiquer, être reconnue par ses pères, quel père, ne sont-ils pas tous morts, qui dira, qui portera à mon nom ce coup, qui me défendra, qui me descendra, qui m’accolera des adjectifs bidons et des saveurs à en avoir mal au ventre, qui, je ne serai peut-être plus et puis que trouvera-t-on à mes titres, à mes escalades, à mes entrées en la matière, relèvera-ton ma première phrase, et mes amours de lettres, mes amours, mes maris et ma femme, mes Poe, mes Franz et ma Woolf.

IPPE.

From air

op

Entretien IPPE, auteur en résidence.

IPPE, entretien avec Stanislas, auteur, concepteur.

Questions ?

Détestation de celles-là et gloire aux mots des sanctuaires.

Qu’est-ce qui nous oppose ? Nous mêle ?

Je ne suis pas à même de lire ta technique, j’entraperçois, je reste à quai, avec les auteurs, en général, je reste au bord, de peur qu’ils ne délavent ou qu’ils pointent, aillent et eux-mêmes restent au bord, j’ai lu beaucoup de surface propres et bien trop nettoyées, j’ai lu des mots assemblés, décorés. Je relis mes pères et mères, j’ai piqué une tête dans l’eau de Woolf, ai posé mes pieds et ai osé respirer Poe, je me suis assise et j’ai écouté Kafka me décrire, de narrer un monde, mien. Nous sommes le sang mêlé de nos lectures fondatrices. Je ne te connais pas comme tu ne me connais plus, une parfaite, si j’ose utiliser cette rareté, coexistence.

Qu’est-ce qui te caractérise ? Nous confond ?

De ce qui fait toi ? Je ne sais pas, j’aimerais me caractériser de la sorte: Je suis caractérisée par ce que j’aimerais être, j’aimerais qu’on puisse tâter mes plumes. Nous sommes confondus par la perte, de celle-ci émerge une succession d’actions.La route est une forme de confusion, j’entreprends de prendre la route alors même que toi et moi la partageons déjà.

Tes mots ?

D’où qu’ils se trouvent je les trouverai ! Voilà ce qu’on aimerait se dire, traquer, être un bon chasseur, maîtriser son gibier, se déterrer et sans retirer du sol, rompre ni briser, extraire ces morceaux, des petits cailloux de mots, protégés du jour, inhabités, des bouts de terre accrochés à nos racines profondes, des morcellements de nous épargnés par nos mensonges et nos vents.

Ta terre ?

Sèche, aussi difficile à nourrir que moi, je m’attèle à ce qu’on ne puisse pas la fendre.

Tes noms ?

De combien, des nombres, des dits, des redits, des essayés, des portés, des synonymes, des traductions, des fêtes, des asexués.

Ton drapeau ?

Un dragon sur fond, je ne connais pas la couleur, je suis en train de le tisser, il est au-dessus, porté mais n’est pas achevé, il porte mon nom de famille, bref et en répétition.

IPPE ?

Isabelle Patrick puis la 1ére lettre de mon nom de famille et la dernière. Il m’a laissé, je n’ai pas supporté de le devancer, j’entends ses encouragements, auteur contrarié par une vie trop courte, il est de tous mes combats et de toutes mes recherches.

Tes a privatifs ?

De mes a je ne me prive, mais de cette privation, je ne suis pas, je n’aime pas ce qui bride, ce qui fait figure, le a privatif déterre et retire, il est libérateur, en tout cas pour les miens.

D’où écris-tu ?

D’un endroit que je connais, qui fut facile d’accès mais qui me demanda temps et volonté, de cet espace je suis la défenderesse, mes armes sont là, mes forces, mes fantômes le sont tout autant alors je veille, je ne suis pas contemplative, pas souvent satisfaite. Je vois mes phrases tomber et peine à les aider, observe la chute, la perte et ses déflagrations, amincis mes tendances mathématiques, laisse fondre mon sens de l’estime et ma méfiance, défais mes nombres, retape mes portes, enfonce dans le même temps mes volets, d’où je suis, je veux voir, être et partir, mes sons tous déformés, vilains et déjà vus qu’ils soient.

Ton obsession du nombre ?

Les dates ont raccourci l’espoir, racorni mes principes, les fondations de ma vie. J’ai été, un temps, obsédée par le chiffre, le résultat, comme les sportifs et leur temps, leurs exploits, pulvériser des chiffres pour détruire non pas chronos mais la fatalité redondante de ses dates. Percer, passer au travers.

Foi et hommes ?

La foi en ma terre sacrée » écriture », là où j’ai laissé le corps de mon père se vider de son sang littéraire, espérant qu’il se répandrait et nourrirait ainsi un peu cette terre, est profonde. Le besoin impérieux d’être seule, de me réparer seule, de m’affranchir, de me détourner de ces projections telles étaient les requêtes.La prononciation de la formule « je t’aime » est venue assez tard au regard des bouleversements antérieures subis par mon organe cœur et par mes rêves, de cette phrase, je n’ai pas eu d’unisson, un jeune homme en difficulté incapable de supporter pareille définition de l’attachement. Je me suis méfiée, et un jour, mes dents se sont serrées pour que ma bouche n’explose pas, à la question es-tu amoureuse posée par une amie, je n’ai pas été en mesure de répondre tant mon cœur s’était morcelé sur le cas de cet homme. Maintes fois j’ai pensé à lui, aux erreurs, pensais-je à cette époque avoir commises, aux fautes, aux impossibilités, j’avais honte et m’en voulais de ce cœur sauvage, je me revois criblée, toute à sa cause, dans l’obligation totale de quitter cet espace de représentation. J’étais mortifiée par mes pertes de contrôle.

From Air est un extrait d’entretien.