Apprendre à écouter

Depuis des années déjà, sans visibilité.

Alors que le temps n’est plus vraiment à la paresse, nous reprenons rigoureusement nos notes passées. Depuis des années déjà, Ruhe et Le Cirque ont eu à entendre et ont appris à ouvrir leurs écoutilles.
Après des années de pratique appelées communément apprentissage, nous nous sommes entrainés à l’écoute. Sans aucune visibilité, des citoyens de pays divers se sont exprimés, ont racontés leurs morceaux de vie, leurs instants, leurs simultanées.
Nous avons pris soin de réaliser des réceptacles à ces narrations parfois superbes, tels des entonnoirs nos oreilles sans filtrer ont laissé couler, nos corps ont enregistré leurs émotions et notre mémoire a retenu ces jours de ceux.
Avec leurs accords, nous procédons quasiment aujourd’hui à la narration collective de ces êtres. Eux-mêmes nous invitant à y aller depuis quelques temps déjà, écœurés par tous ces mal dits entendus ou repris par certaines visibilités. Si une histoire parait romancée ou poétisée, sachez que c’est telle qu’elle nous est parvenue, un homme préférera souvent la rigolade ou la poésie à la triste évocation de son sort.
Le pragmatisme étant remisé pour d’autres usages de la parole, certains portraits pourront apparaitre d’une noirceur appuyée glorifiant au passage des années à faire peur, nous n’y sommes pour pas grand-chose, la parole est leur, croyez bien à notre exacte transcription.
Quant aux visages familiaux, point de racolage ou de tendance à se répandre, de certains nous ne dirons rien, bien trop exposés à toutes sortes de lumière et pour d’autres avec exigence nous relaterons certaines de leurs apparitions. Nous ne sommes pas un organe publicitaire.

Attention, les photos peuvent avoir été originales et dans le cas contraire, peu ou alors exagérément des retouches ont pu s’exercer, la prévenance sera de mise, vous voilà informés, ayez crainte à ne pas trop prendre garde.

Nos oreilles comptent sur vos yeux.

Il est vrai que le blog est tendance, que la parole à force de se libérer se place souvent sous la contrainte de l’effet plus que sous celle de la justesse.
Certes le nominatif et l’avatar se tirent la bourre mais dans cet espace dédié, nous veillerons à vous tenir informés, tout au courant que vous serez, peut-être vous lirez nous.
Cessons de pavoiser en tout bord, le genre étant toujours aussi complexe et ce pour beaucoup d’entre nous, nous n’aborderons de sujets qu’en accord avec notre état d’esprit : Apolitique et sans religion, chacun avec le a privatif nécessaire.
Nul n’est dans la démarche de se positionner d’ailleurs la parole que nous avons entendue, à notre grande surprise, n’était pas autant radicale que l’on aurait pu la penser.
Que des contextes géo politiques aient été souvent la raison de leur ouverture de bouche, que des crises familiales ou identitaires aient légitimée la prise de parole, nous avons écouté, pris soin de ne pas abîmer ces voix pour qu’elles puissent préserver leur force de témoignage et d’engagement.

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Pour l’actualité, un agenda pourrait être utile, des dates et heures aux lieux précis seront notifiés, tenez-vous prêts et disposés à vous rendre ou à partir.
Des relais et des échanges d’informations pourront être diffusés, aménagez-vous un espace propre, nous entendons par là, allez y mollo niveau avatar et exprimez vous sans cachette, libérez votre parole de la mode, c’est un joug aux limites bien petites qui ne nous aidera pas à servir notre parole.

Point de morale mais une conscience.

Rue- le Cirque.

Access Denied # 2

Access Denied – 2

Lecture à l’encodage nécessaire, classification suivante suggérée: Lecture non évidente.

Ne peuvent-ils pas se dire qu’on se fout de qui ils sont et d’où vient leur route.
L’immédiateté est juge, l’instant est maitre d’où que tu sois, d’où que tu viennes et depuis le temps, rien d’autre ne sacre la rencontre et c’est dans cet espace que le renoncement est exigé, que le déshabillé désigne et montre, je suis et de toi, et d’où toi, les plaques sont tombées, les reconnaissances ne tiennent pas, l’autre est présent dans le creux de ses vides, dans l’endettement de ses propos, il est, nous sommes, présentement, l’un en face de l’autre dans cet échange d’homme, à taille, à hauteur, ce qui réside, ce qui reste, ce qui tient ou ne prend pas, tout est là dans ce tout est dit d’homme, là où nous ne sommes personne, là où flanqués de cet en face, nous cessons nos comédies, nos tentatives de séduire échouent, là où nous n’avons pas de charme, là où nous n’éprouvons l’un pour l’autre que la profondeur d’un respect, calmes.
Là où aucun paramètre ne viendrait pointer son gouvernail et où aucune gouvernance de situation nous convierait à nous retrouver, implicitement, mêlés, dans l’obligation d’un respect de titre, de fonction, de poste et de calibrage d’échange, là où notre naturel serait mort, scalpé par notre soif de prédominance et de contrôle. Révolutionnaire position que celle de se tenir en respect et non en joue, en face et non en toise, en dedans cet instant et non sous la force, la contrainte d’une puissance dévolue à notre prestance débile, je suis dans ce désintérêt, je suis ici, puis je partirai, je ne résisterai pas à l’idée de partir puisque rester serait revenir, construire, revoir, refaire, je ne le peux, pourtant je vois ces visages qui me retiennent, me captent, me scindent, je suis dans l’embarras de la vivante qui ne veux pas de sang, qui n’a pas de cheveux, n’a pas les attributs, ni les attraits, ni les fétiches à reprendre en cœur, je ne suis personne, indéfinie, sur cette route que je vois qui ne me dit rien, de la suite, de ces virages, de ces travaux, je ne sais, ne possède aucun guide, aucune information, je marche sur son tapis, je croise.
Je suis chargée, ne pars pas sans, ne laisse pas ces insupportés instants de couples m’amuser, ces femmes stupides acoquinées à ces idiots de beugle, ces mectons, ces minettes, ces bonnes femmes, ces connards, ces gens sans histoire sont ceux que je préfère, reste à savoir ce que cela signifie et de quelle histoire il s’agit, ceux qui n’utilisent pas le mot haute ou le mot couille, ceux qui ne se servent pas de leurs privilèges pour écrire des livres, se répandre, prendre la parole sur les ondes, dans des lieux d’échanges ou de savoirs où seul le son de leur voix nasillarde ou trop ponctuée fait geindre nos oreilles.
Abonner lecteurs, j’en fais autant, j’en suis certaine, sont ces formules qui me terrassent, les limites que l’on colle à mon crâne de femme accolée, aux postes à pourvoir, aussi.Le mot réussite suinte parfois jusqu’ici, jusque dans cette Seine où les crétins et les perdues se cognent, s’évitent, les par trop de fois maquillées, décolorés et les par trop de fois teints qui n’assument pas le lot quotidien, je le vois, ne les regarde pas trop, ne les croise pas du regard, est ailleurs celui qui se noie, je suis mobile, dans la recherche d’un savoir, prête à faire une découverte, je ne formerai pas, ne serai pas experte, ne possèderai pas de maîtrise et ne serai pas dans l‘arrogance de mes connaissances, je garderai mon nom précieusement, mon nom de garde, je leur tirerai mon chapeau, leur ferai signe, leur adresserai la parole, leur rendrai visite, occuperai ma place, ma toute place, la toute-puissance de celle-ci, de celle qui vient, de celle qui suit, arrive ensuite, se met à vivre, apprend à marcher, puis dans ma gorge des mots de voix, des sons de signes, des airs de famille me donneront à parler et à boire.
Certains ne m’ont pas pardonné, certains se sont vexés, braqués, en dormance, en silence, en absence, des silhouettes disparurent, des hommes à la piètre résistance, des hommes qui n’ont pas osés, n’ont pas tenus, n’ont pas pris ni gardés et si dans leurs souvenirs je peux encore leur apparaitre, je n’imagine pas la forme qu’ils m’ont donné autrement que celle de l’inadaptée.
Je ne peux qu’en convenir, je ne peux contester puisque c’est ce dessein qui m’animait la face, à la peine, j’eus normalité, à la joie, j’eus le bluff, à l’ennui, j’eus la farce, je n’ai pu mentir ni me remettre à y croire, je n’étais pas adepte, ne cherchais pas, en vain, ne souhaitais rien, ne voulais et n’aurais pas voulu, alors, j’observe et étudie avec étourderie la banalité de ce qui me préoccupe, je suis ici, ne connais personne, ai un réseau plus que dénudé et mes connexions sont pour le moins en standby mais je me reconnais, là, assise, là, à taper, à manger, je pense comme je dors, soit pas assez de ce trop peu qui donne le vertige soit trop de cette étouffée qui me fait suer. Mes collègues, confrères, annexes et amis sont en pages, en feuilles, entre eux, avec moi, entre nous c’est une histoire à l’inhospitalité masculine reconnue, je pense que certains diraient cela, je ne sais pas, n’ai pas envie de savoir, n’est toujours pas le temps de m’arrêter pour vous écouter ou vous voir.

IPPE.

Note sur cette partie 2 du texte Access Denied: Durant le cycle 1 mois texte exclusif sur plateforme, 5 lecteurs sur la plateforme we love words ont parcouru épuisés cette réalisation. Ruhe Cirque.

Le grand Chiffre 20

Personnages: Inter, Plan, Sens, Par et Des, échangent sans distinction de place.

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Inter: «Paris 20ème, rue des Gallerons,
« c’est la folie,
c’est la culture » s’exclame un homme,
là où rue Stendhal gît l’ église St Germain de Charonne, là, où,
dans leur cimetière, en 1897,
ont été ré inhumés les FÉDÉRÉS, là, où, rue des Prairies et rue de Bagnolet
sont au choix une question de trottoir,
là, où, on entend en ce 27 février, jour de tempête annoncée en île de France,
que 66 départements sont en vigilance orange « Ouais, y’ a du vent ce soir », là, où,
« The dark pillow of our bones » est à céder, là, où,
des hommes vident les entrailles d’un immeuble rue Étienne Marey
en cet après-midi de samedi, là, où, un pic avec deux croix sur colonnes à l’entrée ouvrent la voix
aux oiseaux de ma toute petite paroisse Notre dame de la Croix rue du lieutenant Chauré, là, où,
est à vendre ce vélo pour enfant dans cette station-service, là, où,
au 34 rue Étienne Marey,
vit « Bien entendu » tout de jaune et vert vêtu, là, où, au 35 rue du Surmelin,
le cadavre du « Gourmets d’autrefois » a,
dans son dos planté,
le couteau du marqueté « rustique » lui arguant son goût de l’authenticité, là,
où, les grues bleues et jaunes dansent,
là, où, le 13 rue Ernest naquit en 1913,
fils de Gaston Martin architecte,
on entendit» Plan: «Quenelle, viens ici dépêche toi.
» Sens: «La floraison des Camélias?» Par: «Février mars. »» Inter:
«Et là, où, le zèbre de Mosko et associés vous accueille à l’angle du coiffeur,
à l’angle droit du trottoir,
dans cette ruelle, non loin de la Chine, une jeune femme coiffée d’une
natte s’entendit dire» Des:
«Qu’est-ce qu’il t’arrive ma fille?»

IPPE – 2010