Love Motivation Letter

Madame, Monsieur,

Forte d’une expérience réussie de dix ans dans la festivité de mon antre, j’ai œuvré, par deux fois il est vrai, dans un secteur peu reluisant.
Je pratiquai, de la manière suivante, une offrande de mes airs, un tapinage discret, mes produits de luxe étaient en échange dépourvus de leurs sens.
Je vous accorde, par la présente, que nos échanges furent féroces, que vos sbires ô combien voraces me mirent à sac, malgré cela j’ai toujours eu l’ambition d’évoluer et donc d’apprendre.
Actuellement, dans l’occupation de cet adverbe, je me tiens responsable de ma place, ce qui, à notre époque, peut relever de fonctions majoritaires en actions pour une affolante en estime de créer.
Je ne dois cette évolution qu’à mon parcours professionnel et à ma persévérance, c’est pourquoi je me permets de vous présenter ma candidature pour le poste d’ estimeuse de moi.
Mes expériences professionnelles diverses m’ont apporté une grande adaptabilité tant au niveau de la gestion de responsabilités, de situations qu’en termes d’horaires et de polyvalence.
Les sociétés avec lesquelles j’ai collaboré étaient toutes très exigeantes quant à la présentation, au résultat, à la capacité d’adaptation et à la réactivité.
Grâce à elles, j’ai pu acquérir rigueur, polyvalence et pragmatisme ainsi j’ai pu gagner en efficacité dans des situations dites de flux tendu. Grâce à mes solides compétences, j’ai pu mettre en place un projet de création d’entreprise en toute autonomie, puis laminé, ruiné, j’ai été sous l’arme de la contrainte, par une assignation à vendre et à partir. J’ai pu avoir une visibilité totale sur la vie d’une entreprise.
Aujourd’hui, fauché et sur un carreau grave en disgrâce, je ne peux vous proposer pour mettre un terme à cette sommation du pôle que des CUI-CAE, j’étudie le marché, suis à la recherche de nouvelles possibilités de développement et de partenariat.
En outre, je forme le personnel, gère les plannings, met en place des actions commerciales, veille à la bonne gestion de mes colonnes vertébrales bancaires.
J’assure également les ventes de bonbons, les gratuités fortuites, les heures remises en billet lors des salons professionnels internationaux.
De nature rigoureuse et pragmatique, je suis très généralement apprécié par mon environnement professionnel, de plus, j’éprouve un intérêt très vif à m’investir dans un poste qui requiert dynamisme, réactivité et négociation.
Dans l’attente d’un entretien, je suis dans l’obligation de mesurer, de compter, ce de manière obsessionnelle mes faims et mes soifs.

Veuillez agréer, madame, monsieur, mes salutations que j’imagine vous ne pensez pas sincères.

Ruhe- Cirque.

Apprendre à écouter

Depuis des années déjà, sans visibilité.

Alors que le temps n’est plus vraiment à la paresse, nous reprenons rigoureusement nos notes passées. Depuis des années déjà, Ruhe et Le Cirque ont eu à entendre et ont appris à ouvrir leurs écoutilles.
Après des années de pratique appelées communément apprentissage, nous nous sommes entrainés à l’écoute. Sans aucune visibilité, des citoyens de pays divers se sont exprimés, ont racontés leurs morceaux de vie, leurs instants, leurs simultanées.
Nous avons pris soin de réaliser des réceptacles à ces narrations parfois superbes, tels des entonnoirs nos oreilles sans filtrer ont laissé couler, nos corps ont enregistré leurs émotions et notre mémoire a retenu ces jours de ceux.
Avec leurs accords, nous procédons quasiment aujourd’hui à la narration collective de ces êtres. Eux-mêmes nous invitant à y aller depuis quelques temps déjà, écœurés par tous ces mal dits entendus ou repris par certaines visibilités. Si une histoire parait romancée ou poétisée, sachez que c’est telle qu’elle nous est parvenue, un homme préférera souvent la rigolade ou la poésie à la triste évocation de son sort.
Le pragmatisme étant remisé pour d’autres usages de la parole, certains portraits pourront apparaitre d’une noirceur appuyée glorifiant au passage des années à faire peur, nous n’y sommes pour pas grand-chose, la parole est leur, croyez bien à notre exacte transcription.
Quant aux visages familiaux, point de racolage ou de tendance à se répandre, de certains nous ne dirons rien, bien trop exposés à toutes sortes de lumière et pour d’autres avec exigence nous relaterons certaines de leurs apparitions. Nous ne sommes pas un organe publicitaire.

Attention, les photos peuvent avoir été originales et dans le cas contraire, peu ou alors exagérément des retouches ont pu s’exercer, la prévenance sera de mise, vous voilà informés, ayez crainte à ne pas trop prendre garde.

Nos oreilles comptent sur vos yeux.

Il est vrai que le blog est tendance, que la parole à force de se libérer se place souvent sous la contrainte de l’effet plus que sous celle de la justesse.
Certes le nominatif et l’avatar se tirent la bourre mais dans cet espace dédié, nous veillerons à vous tenir informés, tout au courant que vous serez, peut-être vous lirez nous.
Cessons de pavoiser en tout bord, le genre étant toujours aussi complexe et ce pour beaucoup d’entre nous, nous n’aborderons de sujets qu’en accord avec notre état d’esprit : Apolitique et sans religion, chacun avec le a privatif nécessaire.
Nul n’est dans la démarche de se positionner d’ailleurs la parole que nous avons entendue, à notre grande surprise, n’était pas autant radicale que l’on aurait pu la penser.
Que des contextes géo politiques aient été souvent la raison de leur ouverture de bouche, que des crises familiales ou identitaires aient légitimée la prise de parole, nous avons écouté, pris soin de ne pas abîmer ces voix pour qu’elles puissent préserver leur force de témoignage et d’engagement.

_________________

Pour l’actualité, un agenda pourrait être utile, des dates et heures aux lieux précis seront notifiés, tenez-vous prêts et disposés à vous rendre ou à partir.
Des relais et des échanges d’informations pourront être diffusés, aménagez-vous un espace propre, nous entendons par là, allez y mollo niveau avatar et exprimez vous sans cachette, libérez votre parole de la mode, c’est un joug aux limites bien petites qui ne nous aidera pas à servir notre parole.

Point de morale mais une conscience.

Rue- le Cirque.

Access Denied # 5

ACCESS DENIED – 5

Classification identique à l’ensemble des 5 extraits: Lecture peu aisée.

Fin de cet extrait, terminaison nerveuse du  » Sacre des cendres, de l’auteure IPPE.

Sans une idée de retraite, de bien accomplit, poursuit, sans cesse en rencontre, sans cesser d’autres visages, des métiers aux actions à la parité parfois certaine, elle se voit dans ses études reprises, dans ce nouvel, refaire sa vie, faire, sans désir de mur, sans commodité, elle se jette dans ces inconnus, se promène dans sa solitude et se sent ainsi tranquille, toutes ces femmes, toutes ses femmes.
Ils n’en auraient pas supporter le tiers, à peine avaient-ils croisé celle-là que déjà l’autre les faisaient craindre, et puis, n’avait –elle pas autre chose à faire que de vivre ordinairement dans des espaces propres et propices, n’avait-elle pas envie de voyages, de mouvements, elle, rangée, aplanie, pourquoi a-t-elle toujours attiré ces commerçants, ces tapineurs et ces dealers, pourquoi cette fibre, pourquoi ces êtres en demande de sécurité, elle, en tout point exemptée.
Comment cela se peut-il, se convie elle souvent à se demander, qui pourrait répondre, quel portrait pourrait-elle bien faire d’elle-même à cette heure, elle est charmante, elle peut et est solidaire, son amour des gens oui mais qu’est-ce qui ne va pas dans son énoncé, qu’est-ce qui n’est pas clair pour qu’à un moment, l’autre se tape les jambes contre ses murets, elle ne sait pas toujours, elle, dans ses aveux bousculades, ne suscite pas l’escompté, fait se sauver, terrorise.
Une femme ne peut donc pas donner à entendre sa voix, les projections font taches, elle n’aime pas ses draps, ses foulards, ses morceaux qu’on lui pose sur la face, elle, ne veut pas de leurs images, et puis, qu’en ferait elle, une fois, l’image diffuse, le courant se dissipe et puis quoi, l’autre reste à sa place, ne répond pas, ne s’invite pas, ne propose pas grand-chose, du bancal, des journées à ne pas sortir, à s’emmerder dans un décor triste de poussière.
Cet autre qui se sent seul à mourir, que peut-elle, elle qui aime à sortir, rencontrer, qui jacasse, qui prend vie au contact parce que les autres lui ont cruellement manqué, elle, dont les batailles furent et restent des pas d’ensanglantés, des pas de morts, combien, peuvent-ils envisager, peuvent-ils imaginer, combien, de combien d’images et de quel ordre sont celles-ci, de combien de tensions, de combien de terreurs, de colères, je ne pourrai pas, voilà ce qu’elle a parfois entendu, elle, assiégé et grandie par la perte, s’entendit dire qu’ils ne le pourraient pas.
Ils ne la recherchent plus, le seul qui lui ai demandé fut un très ancien, joignable elle l’a été, elle a donné, offert, tendu, elle qui a des ressources, qui se voit dans un retour non anoblit, une remise à zéro de ses compteurs, investie par sa cause, et non dans une course, elle revient, ressurgit, reprend un poste inférieur car l’importance est ailleurs, elle, qui par deux fois, s’est trouvée bien en deçà, elle qui est capable de se priver au nom de sa liberté, elle qui accepte le danger, la perte car l’enjeu en vaut la chandelle, elle qui opte pour le tout au début puisque chaque fois c’est apprendre, aujourd’hui lancée dans une poursuite qu’elle aurait déjà entrepris dans cette ville.
2005, se souvient-elle d’un seul coup, d’un seul tenant, on lui dit, ce deux et ces trois lettres prenaient chair à ses yeux dans cette impossibilité de confiance, d’alors, elle eut pourtant l’idée à cette fin de contrat de changer, de faire cette offrande à sa vie, les conditions étaient pour la plupart remplies, ne manquaient que le temps et la détermination.
En ce jour, de 2014, année actée par ces deux, elle remplit des candidatures en respectant les consignes temporelles, a-t-elle envie de s’assagir, de rentrer dans les rangs, non, elle se sait sous la condamnation d’ un bis repetita et souhaite en finir, revenir à l’origine, qui l’aurait cru, peut-être elle, 15 ans plus tard, la même fonction, le même revenu, elle est pourtant dans cet ailleurs, elle met en œuvre, souhaite s’étendre, ouvrir ses possibilités, se voir confier, recevoir enfin la confiance et non l’empêchement de salaire, l’empêchement de poste et d’évolution, non ce n’est pas le plafond de verre.
C’est bien c’est arrêt de 1996, les conséquences de ses actes, elle les mesure aujourd’hui et constate l’étendue de la connerie, sur quoi repose ces histoires, hors champ, hors cadre, elle voulait rester tranquille, sans vouloir, puis au contact, au constat, elle compris, que l’intime possède les même bases de données, les critères étant les mêmes, les mots et le vocabulaire, elle qui reçut au visage toutes ces formes de rejet et d’incompréhension, elle, qui se savait in-soutenue, s’embarqua dans ses demandes, de cette académie citée en bas, elle ne connait rien, une ville qui lui permit, qui lui offre, se dit-elle et qui ne sait rien de moi, est une ville avec laquelle je vais travailler.
Le don ainsi se donna à lire, en toutes lettres posées, à ce Paris, sanguinaire, à ce Paris, tortionnaire, qui lui livra bataille, qui lui opposa son véto, qui lui somma de rester dans l’illégalité ou de partir. De ce Paris des mauvaises rencontres, de ces plans sur la comète, de ces venus ici piller et repartir les mains chargées d’expériences, elle s’est fait foutre à la porte et durant ces dix ans passées.
Elle se demande aujourd’hui si elle avait bien fait, si tétanisée par ces passages au vitriol, elle, à la figure pâle, aux traits tirés, paumée, en vadrouille dans une ville de carrière, dans une ville de trace, les correspondances ne se sont pas faites, et de ce Paris, il ne reste rien, en fumée, bannie, jusqu’au bout de ses droits, d’autres sont partis, à ce qu’elle voit, ont annoncés eux-mêmes, et de cette possibilité plus que de cette chance, elle n’a point voulu, ailleurs, dans un arrière, point de pays, dans ses dates, n’a rien à ajouter.
Ses évolutions sont saccadées mais les drames l’ont encore grignotée, elle se sait ici encore dans un manque, un manque terrible, qui va-elle croiser cette fois-ci, qui va –elle avoir devant elle?

IPPE.

Note sur ACCESS DENIED 5 et l’ensemble du texte: Ces cinq textes ont été mis en lecture exclusive sur la plateforme « we love words », les 5 textes ont reçu l’honneur de 32 lectures au total, ce du 20 septembre 2014 à ce jour de publication, 22/10/14, nous reprenons nos droits sur ces 5 parties d’Access Denied, 4 sont supprimés, de ce fait, de cette plateforme, la seule disponible en lecture est la N°1. Ruhe – Cirque.

Le grand Chiffre 20

Personnages: Inter, Plan, Sens, Par et Des, échangent sans distinction de place.

________

Inter: «Paris 20ème, rue des Gallerons,
« c’est la folie,
c’est la culture » s’exclame un homme,
là où rue Stendhal gît l’ église St Germain de Charonne, là, où,
dans leur cimetière, en 1897,
ont été ré inhumés les FÉDÉRÉS, là, où, rue des Prairies et rue de Bagnolet
sont au choix une question de trottoir,
là, où, on entend en ce 27 février, jour de tempête annoncée en île de France,
que 66 départements sont en vigilance orange « Ouais, y’ a du vent ce soir », là, où,
« The dark pillow of our bones » est à céder, là, où,
des hommes vident les entrailles d’un immeuble rue Étienne Marey
en cet après-midi de samedi, là, où, un pic avec deux croix sur colonnes à l’entrée ouvrent la voix
aux oiseaux de ma toute petite paroisse Notre dame de la Croix rue du lieutenant Chauré, là, où,
est à vendre ce vélo pour enfant dans cette station-service, là, où,
au 34 rue Étienne Marey,
vit « Bien entendu » tout de jaune et vert vêtu, là, où, au 35 rue du Surmelin,
le cadavre du « Gourmets d’autrefois » a,
dans son dos planté,
le couteau du marqueté « rustique » lui arguant son goût de l’authenticité, là,
où, les grues bleues et jaunes dansent,
là, où, le 13 rue Ernest naquit en 1913,
fils de Gaston Martin architecte,
on entendit» Plan: «Quenelle, viens ici dépêche toi.
» Sens: «La floraison des Camélias?» Par: «Février mars. »» Inter:
«Et là, où, le zèbre de Mosko et associés vous accueille à l’angle du coiffeur,
à l’angle droit du trottoir,
dans cette ruelle, non loin de la Chine, une jeune femme coiffée d’une
natte s’entendit dire» Des:
«Qu’est-ce qu’il t’arrive ma fille?»

IPPE – 2010