Mercurius

regard mouvant guillaume painchault expo interzone

Crédit photo: Guillaume Painchault – regard mouvant

Exposition Interzone au Point Limite du 2 au 30 avril 2016 à Rouen- Photographies issue du projet TAPKU testé et apparut sur les plateformes WordPress et Tumblr.

Avec cette invitation au Point Limite, j’ai souhaité convier Gaspard Lieb, un dessinateur/Graveur et street artist rouennais. Cette exposition est une expérience unique, j’écris, je change la peau de mes photographies, elles sont et seront présentées sur des supports qui deviendront des apports, des ajouts de matière…L’expérimentation et l’imagination deviennent sœurs, l’écriture et la photographie des consœurs subjectives de conscience.

J’ai invité des artistes musicaux pour deux performances, le 22 avril, Hubert Michel, un compositeur qui se définit ainsi:  » Musique concrète improvisée.Sans schéma préétabli, ni grille définie.Composée en direct, le musicien opérateur de son concrètophone (patch logiciel simulant les manipulations primaire de la musique concrète) génère une musique où les sons modèlent la composition.Ce sont les objets sonores de part leur morphologies, et leur typologies qui guident l’écoute, la compréhension et l’acte de composition » et le groupe « Les Fantômes » qui se produira le 30 avril pour la cérémonie de clôture de cette exposition éphémère et joueuse.

Interzone c’est un texte aussi que j’ai écrit en mars de cette année en réfléchissant au titre de cette exposition et à ma rencontre avec la Seine maritime en 2013 grâce au mercaptan alors que je résidais à Paris.

Interzone

 « Mercurius Captans, philanthrope et résident sans malchance de Seuil haut, quoi que très tôt contracté par l’obsolescence, tempérait ses effluves à fleur de risques en ces jours respiratoires. Ces rares heures là, il avait la tendance ruineuse de ne plus nariner afin de préserver intact le shoot qu’il réservait aux derniers verres et aciers récalcitrants.

De son séjour long en Seine gauche, il gardait propres ses souvenirs. De ces paysages monochromes et embués de cette fiévreuse Normandie, il en avait corné les rives, avait léché les affres bruts de ses briques de Bièvre, avait extrait un à un de ses boites vivantes le soluté humain de Sever libre.

Une limite au point plus tard et déjà son état apparent n’avait pour valeur que celle de cet autre Sang sucre, l’accompagnante  Rubis Terminal. En proie, quant à elle, à ses demeures assignées, essuyant sans cesse les cieux frêles d’ Haropa de sa nappe sudoripare et qui avait pour toc la dissolution du moindre asphalte. Par ce faux geste de soulagement, elle avait commis l’erreur, sans être à même, à ce jour, d’en avoir connaissance. L’erreur d’avoir épargné un espace où l’air est capitalisable, à savoir, Interzone. Cette focale exsangue d’ouverture avait pour grands angles des murs et rues en écritoires qui rappelaient une citadelle où jadis avaient persisté les dernières Apparitions.

In situ, « les invisibles », par tous les moyens pelliculaires à leur disposition, tentaient de faire disparaitre le moindre révélateur, la moindre surface sensible susceptible de témoigner de leurs traces. A peine percevaient-ils les couches discriminatoires de leur présence, que déjà leur apparition distinctive développait les nouveaux films. Tous palimpsestes se devaient d’être imperméables, ininterprétables. Ces rues, fidèles aux préceptes de leurs résidents, effaçaient, par effets de contraste, tout indice perceptible, permettant ainsi à Interzone une résistance frontale aux gravures, conditions sine qua non de sa survie dans ce monde empreint de bleu.  « 

Isabelle Pompe L

 
Inetrzone-flyers

crédit photo: Guillaume Laurent/La base du Mouvement

carteInterzone

Mon travail a intéressé aussi, ce d’une autre manière.. Avec la réflexion littéraire suivante liée à la création photographique nommée Tower-

« Tout est vrai et tout est faux
Brouillards, montez! Versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Que noiera le marais livide des automnes
Et bâtissez un grand plafond silencieux!
Poésies, Stéphane Mallarmé,1898
Je n’ai pas rêvé. La preuve, c’est qu’il me reste un carnet noir rempli de notes.(1)

Mais aujourd’hui l’ennui me dessine et les bulles bienaimées me protègent. Dehors l’opacité de la bruine. Je décapsule une Guinness, m’allonge sur le lit et m’assoupis l’esprit embrumé.
Je me souviens d’une campagne normande qui décline les herbes tendres, les vaches molles et le clocher ceint d’un petit cimetière bourbeux. Ça et là des bosquets et des clôtures. Espace insolite si on y adjoint une cabine téléphonique comme il n’en existe plus maintenant. Seul.
Mais où sont-ils tous ? La nature est hostile, j’entends des grognements de mammifères, le martèlement de sabots et le sifflement de flèches dirait-on. Mes doigts sont gelés, ma peau brûle et l’odeur de poudre est insoutenable. Au cou, des dents carnassières et le crâne scalpé.
Pourquoi m’ont-ils laissé tout seul dans ce brouillard ? Des nappes noires alternent avec des zones hachurées, calligraphie extraordinaire de vigueur et d’effroi. Des barbelés me barrent la route et si je tourne le dos j’entrevois un abîme de flots tumultueux parmi des pics acérés.
Depuis les cieux jusqu’au tréfonds de mon âme se dispersent les nuées qui emplissent mon gosier et menacent mon foie. Je ne puis avancer, la terre flotte sur le marais, les flammèches consument les os, une femme avance et chuchote en une langue inconnue de moi.
(1) L’Herbe des nuits, Patrick Modiano, 2012

Je l’entends et elle me rend triste. Tout est vrai et tout est faux. Je ramasse au sol les petits
bouts et tente de les rapiécer. Une cloche sonne faiblement, un homme de sa langue recueille l’eau qui dégoutte des mélèzes, un autre tire lentement de sa pipe des rets de fumée. Je me souviens d’une campagne normande qui décline les herbes tendres, les vaches molles et le clocher ceint d’un petit cimetière bourbeux. Ça et là des bosquets et des clôtures. Espace insolite si on y adjoint une cabine téléphonique comme il n’en existe plus maintenant. Seul.
Mes paupières semblent cousues d’un fil de vapeur. Troublé, je me soulève. Le chagrin
persiste dans l’obscurité automnale. Mes yeux percent la pénombre et distinguent
confusément les tracés sur le carnet noir rempli de notes. La preuve que je n’ai pas rêvé.
27 février 2016 -© Catherine Robert

Alors, merci!

IPL

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Sequels

portrait rouen cathedrale isabelle pompe

 

 

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Sequels – Rouen, Portrait – Chai à Vin, Alain Rault, Cathédrale Notre Dame, Rive droite.

De la difficulté de réaliser un portrait, de la quiétude qu’apporte l’assimilation, je réalise cette suite en pensant à ces mots d’hier, privatisée, endettée jusqu’à l’os, elle vend….Elle cède du terrain cette ville….L’Aître Saint Maclou, l’École des Beaux Arts, Le Chai à vin, L’Église Saint Paul, L’Église Saint Nicaise, l’École normale des institutrices,  le siège de la CCI, une partie du Stade Mermoz…Combien de bâtisses j’ai vu tomber déjà….

© Isabelle Pompe L.