In 1964, Hitchcock stops the colours.

marnie 1Marnie.

She has no references at all, Man and a good name don’t go together, my daughter is the private secretary to a millionaire, we don’t need man mama, decent woman don’t have need for any man, why don’t you love me mumy? What’s wrong with me, I said supper is ready. »  marnie 2Good hard demanding work, I train her to trust me, instinctual behaviour, lady’s instinct to? The instinct of predator. Stop the colours, it’s over, all over. I like horses, noblesse oblige, the inside of a man or a woman is the outside of a horse, I don’t have anybody, insurance, we establish that you’re a thief and a liar, now what is the degree, you can take legal position, 42 thousand dollars plus taxes, pay off Strutt, wives follow husbands to front door, 116 Van Buren street, mama, don’t cry, I’m a big movie fan, I know the game, come on let’s play, water, air, sex, death, needles, black, red, white, white, help me, if you tell my mother about me, I kill you, get out, I’m decent. »

marnie 3marnie4A silent plan.
Une de mes scènes favorites, la lenteur et la mise en place, 42 minutes et 9 secondes. Puis le silence est total, 43 minutes et 5 secondes, pas de musique, pas de voix, la stricte observation sans dissipation. Elle arrive de dos, pousse la porte de ces toilettes pour dames sans saluer personne, à peine si on la remarque, elle attend, dans cet mi-ombre magnifiée, l’instant va durer, elle nous place dans cette même définition du temps, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun bruit. Elle sort, de dos, encore de dos, de profil avec son sac posé sur le lavabo, puis la tension monte, elle sort, se dirige, prend son sac, la clé, laisse la porte du bureau grand ouvert, regarde le code, il nous est donné à voir, nous sommes témoins et solidaires de son acte, son gant, la poignée, le coffre s’ ouvre, elle s’affaire à remplir son sac de billets, beaucoup de billets. La caméra se déplace sur l’arrière et le plan s’ouvre, la scène devient duel. 45 minutes.

marnie 5 marnie 6A Stressful Duel.

Deux mondes, deux femmes, deux âges, deux générations, travaillent, 45 minutes 45 secondes, elle réalise la présence de cette autre femme. De ce gris opulent à gauche, répond le marron, le bois, la noblesse du bois de ce bureau est accolé à ce gris industriel et stérile.Les tenues des deux femmes se marient à leurs deux univers respectifs, Marnie fait figure de jeune femme, maîtresse du puissant patron, à qui la vie va sourire, qui, sous peu, ne manquera de rien mais elle vole, un viol est ici raconté. Attendre sa proie, la prendre, l’avoir sous son contrôle, la dominer, le ventre de ce coffre s’ouvre et c’est l’argent de Rutland, de cet homme qui la touche et de sa future belle sœur qu’elle dérobe. Cette porte grise en plein milieu qui divise, sert de frontière entre deux mondes. Marnie, pourrait venir de celui là, une origine modeste, grâce à son refus et à son désir d’ affranchissement, en somme grâce à un instinct de survie très développé, elle décide de voler, de changer de camp, c’est l’évolution de son espèce, rien ne lui arrive, elle n’est pas prise sur le fait, sa chaussure tombe à terre, 46 minutes et 26 secondes, elle perd ce temps précieux pour les enlever et pour les remettre mais personne ne l’entend ni ne l’a voit.Par chance, l’employée du ménage est dur d’oreille et le jeune homme ne regardait que dans une seule direction.Le son et la vue sont les sens réfutés de cette scène extraordinaire. Les bruits de pas du jeune homme se font entendre, 46’41 Le mot, « Big Rush « apparait comme s’il perçait d’un coup ce sourd instant, 46’50 soit près de 3 minutes 40 de silence!

marnie 7

Rouen, Archilignes

ARCHILIGNES.

La Seine est le sang de cette ville à l’architecture étrange parfois disgracieuse mais attachante, le long, je marche, nous marchons, conviés à ces lignes, ces droites, ces perpendiculaires, hitchcockiennes, celles de North by Northwest, où encore celles du quai de gare dans la scène d’ouverture de Marnie. Nos prises de fonction, dans cette ville, se révèlent plus efficaces et rapides qu’escomptées.Assimilés par elle, nous l’ingurgitons chaque jour, et de cette Seine superbe, nous frôlons les quais avec la même appréhension du vide et la même attirance autant que possible. L’expérience est sensible et de ces vues dégagées, nous parvenons à extraire encore et encore des images, des séquences sensorielles qui nous convoquent et dont nous acceptons toutes les dispositions.

                                                 croix

pont levant juin 19     lignes

 le 106 12 juin

col bateau

Des Pics et des têtes,

Les formes émergent, poussent, sortent, les constructions se répondent, les ilots se dressent.Ville perpendiculaire, avec un rapport au droite, frontal, d’une poésie stridente, qui passe au travers, qui transperce, le sol est racine, le sol est hospitalier aux théories des poussées, la loi de la croissance nous dépasse et constamment rangés aux petits hommes, notre vue n’en est que plus troublée. Des têtes, des pics érigent, portent et ordonnent de la hauteur à notre corps.

tête church

trois

Ville à la peau chamarrée de taille métallique, au tannage curieux et à la désertion palpable, ville qui ferme, qui barre, qui cède et qui construit tant de vide.Soumise au bâtiment et à son lobbying, percée par Unibail Rodamco, elle offre un visage industriel troué, perforé, difficile de voir et de résister à ces gifles urbaines mais la résistance de sa peau citoyenne semble solide.

mailleraye    pop vert  Desert land,

Ville aux orifices bouchées, non fortifiée par les temps modernes qui eux préfèrent usurper un passé en le condamnant au silence de la brique, le BTP s’assure ainsi seul décideur de la temporalité, les murs tombent et les anciennes bâtisses meurent, les parkings fleurent la désolation.Le siège des entreprises en autre assureurs flanquent leurs corrections aux friches, le passé industriel pour peu qu’il fut florissant doit se taire, mourir et disparaître, occuper des sols, reprendre des terrains, s’approprier sans crier gare des espaces, des lopins, des bouts de terre, ère du racolage, rhabille toi.

edf                  désert

Le soir et sa voûte,

Toute ville a ses lumières, celle-ci obéit aux caprices de son ciel changeant, toujours fluctuant, aux courbes de ses ponts et à la croupe de sa Seine.

nuage

 

 

Love Motivation Letter

Madame, Monsieur,

Forte d’une expérience réussie de dix ans dans la festivité de mon antre, j’ai œuvré, par deux fois il est vrai, dans un secteur peu reluisant.
Je pratiquai, de la manière suivante, une offrande de mes airs, un tapinage discret, mes produits de luxe étaient en échange dépourvus de leurs sens.
Je vous accorde, par la présente, que nos échanges furent féroces, que vos sbires ô combien voraces me mirent à sac, malgré cela j’ai toujours eu l’ambition d’évoluer et donc d’apprendre.
Actuellement, dans l’occupation de cet adverbe, je me tiens responsable de ma place, ce qui, à notre époque, peut relever de fonctions majoritaires en actions pour une affolante en estime de créer.
Je ne dois cette évolution qu’à mon parcours professionnel et à ma persévérance, c’est pourquoi je me permets de vous présenter ma candidature pour le poste d’ estimeuse de moi.
Mes expériences professionnelles diverses m’ont apporté une grande adaptabilité tant au niveau de la gestion de responsabilités, de situations qu’en termes d’horaires et de polyvalence.
Les sociétés avec lesquelles j’ai collaboré étaient toutes très exigeantes quant à la présentation, au résultat, à la capacité d’adaptation et à la réactivité.
Grâce à elles, j’ai pu acquérir rigueur, polyvalence et pragmatisme ainsi j’ai pu gagner en efficacité dans des situations dites de flux tendu. Grâce à mes solides compétences, j’ai pu mettre en place un projet de création d’entreprise en toute autonomie, puis laminé, ruiné, j’ai été sous l’arme de la contrainte, par une assignation à vendre et à partir. J’ai pu avoir une visibilité totale sur la vie d’une entreprise.
Aujourd’hui, fauché et sur un carreau grave en disgrâce, je ne peux vous proposer pour mettre un terme à cette sommation du pôle que des CUI-CAE, j’étudie le marché, suis à la recherche de nouvelles possibilités de développement et de partenariat.
En outre, je forme le personnel, gère les plannings, met en place des actions commerciales, veille à la bonne gestion de mes colonnes vertébrales bancaires.
J’assure également les ventes de bonbons, les gratuités fortuites, les heures remises en billet lors des salons professionnels internationaux.
De nature rigoureuse et pragmatique, je suis très généralement apprécié par mon environnement professionnel, de plus, j’éprouve un intérêt très vif à m’investir dans un poste qui requiert dynamisme, réactivité et négociation.
Dans l’attente d’un entretien, je suis dans l’obligation de mesurer, de compter, ce de manière obsessionnelle mes faims et mes soifs.

Veuillez agréer, madame, monsieur, mes salutations que j’imagine vous ne pensez pas sincères.

Ruhe- Cirque.

Le Grand chiffre 20 – prologue

Le Grand Chiffre 20 et son prologue.

Sens, des échangent sans distinction de place.

Sens: «J’ai le cheveu criblés de dettes et oui je parle de moi souvent à la 3ème personne, c’est parce que j’ai l’habitude des décorporations.»

Des: «Jusqu’à ce que je ne t’ai plus devant moi.»

Sens: «J’accorde beaucoup d’importance aux mots des autres, je leur donne les pleins pouvoirs.»

Des: «Il est possible de dire tout et son contraire à la même personne, par égoïsme ou par altruisme, je ne sais pas si l’amour a quelque chose à y voir.»

Sens: «Au lieu d’aller voir les gens qui vont te demander de sortir du traquenard dans lequel tu es.

Viens me voir en l’état, je ne te demanderai pas d’être quelqu’un d’autre.»

Des: «Tu m’épouserais ou tu m’épouserais pas si je lisais Musil?»

Sens: «Mais qu’est-ce que c’est que cette phrase? Comment tu l’as construite celle-là?».

Des: « Ce n’est pas compliqué ce que je te demande, t’as juste à dire oui, t’as déjà dit oui, non?»

Sens: «J’ai aussi souvent déjà dis non.»

Des: «Il y a des encore que l’on ne voudrait jamais plus prononcer.»

Sens: «C’est quand tes jours de présence dans ton corps que je sache, quand je peux te parler et obtenir une réponse?»

Apprendre à écouter

Depuis des années déjà, sans visibilité.

Alors que le temps n’est plus vraiment à la paresse, nous reprenons rigoureusement nos notes passées. Depuis des années déjà, Ruhe et Le Cirque ont eu à entendre et ont appris à ouvrir leurs écoutilles.
Après des années de pratique appelées communément apprentissage, nous nous sommes entrainés à l’écoute. Sans aucune visibilité, des citoyens de pays divers se sont exprimés, ont racontés leurs morceaux de vie, leurs instants, leurs simultanées.
Nous avons pris soin de réaliser des réceptacles à ces narrations parfois superbes, tels des entonnoirs nos oreilles sans filtrer ont laissé couler, nos corps ont enregistré leurs émotions et notre mémoire a retenu ces jours de ceux.
Avec leurs accords, nous procédons quasiment aujourd’hui à la narration collective de ces êtres. Eux-mêmes nous invitant à y aller depuis quelques temps déjà, écœurés par tous ces mal dits entendus ou repris par certaines visibilités. Si une histoire parait romancée ou poétisée, sachez que c’est telle qu’elle nous est parvenue, un homme préférera souvent la rigolade ou la poésie à la triste évocation de son sort.
Le pragmatisme étant remisé pour d’autres usages de la parole, certains portraits pourront apparaitre d’une noirceur appuyée glorifiant au passage des années à faire peur, nous n’y sommes pour pas grand-chose, la parole est leur, croyez bien à notre exacte transcription.
Quant aux visages familiaux, point de racolage ou de tendance à se répandre, de certains nous ne dirons rien, bien trop exposés à toutes sortes de lumière et pour d’autres avec exigence nous relaterons certaines de leurs apparitions. Nous ne sommes pas un organe publicitaire.

Attention, les photos peuvent avoir été originales et dans le cas contraire, peu ou alors exagérément des retouches ont pu s’exercer, la prévenance sera de mise, vous voilà informés, ayez crainte à ne pas trop prendre garde.

Nos oreilles comptent sur vos yeux.

Il est vrai que le blog est tendance, que la parole à force de se libérer se place souvent sous la contrainte de l’effet plus que sous celle de la justesse.
Certes le nominatif et l’avatar se tirent la bourre mais dans cet espace dédié, nous veillerons à vous tenir informés, tout au courant que vous serez, peut-être vous lirez nous.
Cessons de pavoiser en tout bord, le genre étant toujours aussi complexe et ce pour beaucoup d’entre nous, nous n’aborderons de sujets qu’en accord avec notre état d’esprit : Apolitique et sans religion, chacun avec le a privatif nécessaire.
Nul n’est dans la démarche de se positionner d’ailleurs la parole que nous avons entendue, à notre grande surprise, n’était pas autant radicale que l’on aurait pu la penser.
Que des contextes géo politiques aient été souvent la raison de leur ouverture de bouche, que des crises familiales ou identitaires aient légitimée la prise de parole, nous avons écouté, pris soin de ne pas abîmer ces voix pour qu’elles puissent préserver leur force de témoignage et d’engagement.

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Pour l’actualité, un agenda pourrait être utile, des dates et heures aux lieux précis seront notifiés, tenez-vous prêts et disposés à vous rendre ou à partir.
Des relais et des échanges d’informations pourront être diffusés, aménagez-vous un espace propre, nous entendons par là, allez y mollo niveau avatar et exprimez vous sans cachette, libérez votre parole de la mode, c’est un joug aux limites bien petites qui ne nous aidera pas à servir notre parole.

Point de morale mais une conscience.

Rue- le Cirque.

Access Denied # 2

Access Denied – 2

Lecture à l’encodage nécessaire, classification suivante suggérée: Lecture non évidente.

Ne peuvent-ils pas se dire qu’on se fout de qui ils sont et d’où vient leur route.
L’immédiateté est juge, l’instant est maitre d’où que tu sois, d’où que tu viennes et depuis le temps, rien d’autre ne sacre la rencontre et c’est dans cet espace que le renoncement est exigé, que le déshabillé désigne et montre, je suis et de toi, et d’où toi, les plaques sont tombées, les reconnaissances ne tiennent pas, l’autre est présent dans le creux de ses vides, dans l’endettement de ses propos, il est, nous sommes, présentement, l’un en face de l’autre dans cet échange d’homme, à taille, à hauteur, ce qui réside, ce qui reste, ce qui tient ou ne prend pas, tout est là dans ce tout est dit d’homme, là où nous ne sommes personne, là où flanqués de cet en face, nous cessons nos comédies, nos tentatives de séduire échouent, là où nous n’avons pas de charme, là où nous n’éprouvons l’un pour l’autre que la profondeur d’un respect, calmes.
Là où aucun paramètre ne viendrait pointer son gouvernail et où aucune gouvernance de situation nous convierait à nous retrouver, implicitement, mêlés, dans l’obligation d’un respect de titre, de fonction, de poste et de calibrage d’échange, là où notre naturel serait mort, scalpé par notre soif de prédominance et de contrôle. Révolutionnaire position que celle de se tenir en respect et non en joue, en face et non en toise, en dedans cet instant et non sous la force, la contrainte d’une puissance dévolue à notre prestance débile, je suis dans ce désintérêt, je suis ici, puis je partirai, je ne résisterai pas à l’idée de partir puisque rester serait revenir, construire, revoir, refaire, je ne le peux, pourtant je vois ces visages qui me retiennent, me captent, me scindent, je suis dans l’embarras de la vivante qui ne veux pas de sang, qui n’a pas de cheveux, n’a pas les attributs, ni les attraits, ni les fétiches à reprendre en cœur, je ne suis personne, indéfinie, sur cette route que je vois qui ne me dit rien, de la suite, de ces virages, de ces travaux, je ne sais, ne possède aucun guide, aucune information, je marche sur son tapis, je croise.
Je suis chargée, ne pars pas sans, ne laisse pas ces insupportés instants de couples m’amuser, ces femmes stupides acoquinées à ces idiots de beugle, ces mectons, ces minettes, ces bonnes femmes, ces connards, ces gens sans histoire sont ceux que je préfère, reste à savoir ce que cela signifie et de quelle histoire il s’agit, ceux qui n’utilisent pas le mot haute ou le mot couille, ceux qui ne se servent pas de leurs privilèges pour écrire des livres, se répandre, prendre la parole sur les ondes, dans des lieux d’échanges ou de savoirs où seul le son de leur voix nasillarde ou trop ponctuée fait geindre nos oreilles.
Abonner lecteurs, j’en fais autant, j’en suis certaine, sont ces formules qui me terrassent, les limites que l’on colle à mon crâne de femme accolée, aux postes à pourvoir, aussi.Le mot réussite suinte parfois jusqu’ici, jusque dans cette Seine où les crétins et les perdues se cognent, s’évitent, les par trop de fois maquillées, décolorés et les par trop de fois teints qui n’assument pas le lot quotidien, je le vois, ne les regarde pas trop, ne les croise pas du regard, est ailleurs celui qui se noie, je suis mobile, dans la recherche d’un savoir, prête à faire une découverte, je ne formerai pas, ne serai pas experte, ne possèderai pas de maîtrise et ne serai pas dans l‘arrogance de mes connaissances, je garderai mon nom précieusement, mon nom de garde, je leur tirerai mon chapeau, leur ferai signe, leur adresserai la parole, leur rendrai visite, occuperai ma place, ma toute place, la toute-puissance de celle-ci, de celle qui vient, de celle qui suit, arrive ensuite, se met à vivre, apprend à marcher, puis dans ma gorge des mots de voix, des sons de signes, des airs de famille me donneront à parler et à boire.
Certains ne m’ont pas pardonné, certains se sont vexés, braqués, en dormance, en silence, en absence, des silhouettes disparurent, des hommes à la piètre résistance, des hommes qui n’ont pas osés, n’ont pas tenus, n’ont pas pris ni gardés et si dans leurs souvenirs je peux encore leur apparaitre, je n’imagine pas la forme qu’ils m’ont donné autrement que celle de l’inadaptée.
Je ne peux qu’en convenir, je ne peux contester puisque c’est ce dessein qui m’animait la face, à la peine, j’eus normalité, à la joie, j’eus le bluff, à l’ennui, j’eus la farce, je n’ai pu mentir ni me remettre à y croire, je n’étais pas adepte, ne cherchais pas, en vain, ne souhaitais rien, ne voulais et n’aurais pas voulu, alors, j’observe et étudie avec étourderie la banalité de ce qui me préoccupe, je suis ici, ne connais personne, ai un réseau plus que dénudé et mes connexions sont pour le moins en standby mais je me reconnais, là, assise, là, à taper, à manger, je pense comme je dors, soit pas assez de ce trop peu qui donne le vertige soit trop de cette étouffée qui me fait suer. Mes collègues, confrères, annexes et amis sont en pages, en feuilles, entre eux, avec moi, entre nous c’est une histoire à l’inhospitalité masculine reconnue, je pense que certains diraient cela, je ne sais pas, n’ai pas envie de savoir, n’est toujours pas le temps de m’arrêter pour vous écouter ou vous voir.

IPPE.

Note sur cette partie 2 du texte Access Denied: Durant le cycle 1 mois texte exclusif sur plateforme, 5 lecteurs sur la plateforme we love words ont parcouru épuisés cette réalisation. Ruhe Cirque.

Access Denied # 1

Access Denied – 1

A cette lecture, un encodage, une classification est nécessaire.

Refuser la facilité sans le faire exprès ou sans en avoir l’air, ne pas savoir ou se demander, trop se poser de questions, trop de propension, de l’imaginaire, du créer sans vouloir, pas ou ne pas avoir, envie de cette prétention, ne pas avoir envie de cette ambition, ne pas se penser au point de croire que soi, seul, on puisse ou pas.Ne pas se projeter, ne pas donner corps, ne pas vouloir fonder ni avoir, ne pas se sentir de chair, ne pas vouloir d’allié, ne pas donner aux actes, ne pas souhaiter offrir, ne pas céder une once, ne pas rentrer, ne pas comprendre que la notion de place n’est pas de l’avis de tous, que la route comporte et indique, que la voie parentale prédispose, que la mère et sa figure, que le père et son portrait placent et indisposent, ne pas clamer, ne rien montrer, en avoir plein le dos de ces associations, en avoir ras le bol de cette appréciation, de cette ambiance, de cette tendance, craindre plus que le feu, la trace laissée, l’indiqué, le dit, la région, le lieu de naissance, les outils de famille, ses moyens, ses goûts et ses habitudes de vacances, je ne veux pas que ces signaux sacrés interfèrent sur ma vie, je veux que ces panneaux interdisent, empêchent, handicapent et refusent l’accès, mes souvenirs sont cette terre de nacre où seuls sont mes rois et reines où aucun étranger n’a droit de citer ni d’y venir ni de souhaiter s’y rendre, la connexion est mienne et lui a toujours reçu un Access denied, je ne veux pas de cette vie posée sur mes terres.
Placé sur un hors, sol, jeu, l’autre est tenu à l’écart, à distance, épargné ou sous le coup, je lui demande de se tenir en dehors, en retrait de ce qui définit celle que je ne suis plus et à laquelle il n’a aucun droit, aucune prise, je ne veux pas figer, rester, je méprise le limpide, je ne sais, je ne veux pas savoir, je ne veux rien à l’avance, pas prévoir, pas envisager, pas remettre à plus tard, je suis dans cette action qui ne s’arrête pas, je suis sans cet acté, providentiel, pour certains, marcher, poursuivre, enduire et nourrir, prendre, reprendre, cycle d’appartenance aux allures bien faites aux faits rondement menés, cousus de fil blanc.
L’acté prend le pas sur la réflexion et je le rebute, je le rase, je ne me prends pour personne, à peine ai-je les contours perceptibles, les lignes entraperçues, une forme dans l’action qui ne pourrait se définir, se nommer, se désigner, je suis sans désignation, sans titre, les expériences et les contrats sont seuls maîtres à bord, peu importe le prestige ou le quotidien, je suis de passage, ne m’arrêtez pas, je ne m’arrêterai pas, sur mon endroit, ces apparitions sont les témoins de mes brèves, je suis courte, quelques heures tout au plus, quelques jours, c’est assez, point de tolérance et pas de possibilité d’ancrage, je veux sortir, ne pas être retenue, ne pas être invitée à revenir, je suis dans la correction impossible de votre place, ne m’imaginez pas, je suis déjà ailleurs, ce chaque jour suffit ou altère, je ne suis déjà plus celle que j’étais hier, je ne sais plus, qui étais-je alors, et dans ce demain de demain, comment vais-je disposer de mon corps, dans cette allée, dans cette rue.
Toute la complexité réside en cette fidélité extrême à l’instant et dans ce refus catégorique et invariable à la projection, je ne suis déjà plus, alors pourquoi souhaiter revoir, revenir, garder, pour mieux reprendre, celle-ci me tracasse, à moins que cette vie de vivants aux études, aux parcours, aux C .V, aux rencontres, aux bavardages, aux amours minables, aux appauvrissements de soi, la réduction, on ne savait pas trop quoi dire, ou demander, je ne saisissais pas que la proposition était faite et qu’ainsi formulée, elle devenait convocation et attente, je n’ai pas répondu et puis trop tard et ce d’une façon littéraire, j’ai dit, trop petit, trop calibré, trop à l’étroit dans la misère du possible, ils se sont enfuis, en silence, se sont éloignés et puis aujourd’hui je les imagine, je les vois, bourgeois fatigués et désireux de se mettre au vert, changer de vie à mi- vie, reconsidérer la quotidienneté de ses taches.
Qu’aurais-je bien pu faire avec ces mentalités de paraitre, de construire à devenir, que ferais-je encore avec ceux dans le devoir, ces jaloux désireux de prendre, ces fils voraces qui se font chier, ces appelés, ces revendiqués?

IPPE.

Notes sur Access denied- « ACCESS DENIED, présenté ici en cinq parties, est un extrait de la dernière création de notre auteure IPPE, ce texte n’est pas une lecture facile, il a ,tout d’abord,été présenté sur la première plateforme d’expression du collectif à savoir over blog, puis nous l’avons placé sur We love en words en exclusivité de lecture pendant 1 mois, cette 1ère partie n’a rencontré que l’intérêt de 9 lecteurs. » Ruhe Cirque – Octobre 2014.