Art & projects

I only ask for decency cover IPL 19Après une année 2018 ponctuée par des expositions et la finalisation, en septembre, d’une recherche en sociologie de l’art….Deux projets artistiques s’annoncent dès ce dernier trimestre: »I only ask for decency » et « Occasions« .

Reprendre le cours de l’écriture semble être à l’ordre d’un jour, bientôt… En effet, après l’avoir laissée pour compte en 2014, je ne suis pas parvenue, depuis, à formuler une once de bribes littéraires. La raison? Tout d’abord, un abandon du à une incapacité psychique, puis une recherche, dans l’enseignement supérieur, longue de trois ans. Écrire demande du temps et la spontanéité du geste, si j’ose dire,  requiert une liberté de « mouvement. » J’ai beaucoup écrit durant trois ans, des dossiers, des rapports, des notes, des mémoires avec cette écriture exsangue car asséchée par des cadres, des protocoles et des niveaux de langage. Pour ce dernier trimestre 2018 et pour 2019,  j’ai donc l’agréable sensation que les mots et les images vont entrer en résonance.

LA FICTIVITE

En 2015, j’ai entrepris un travail photographique sur la la notion de fictivité. Tout d’abord avec TAPKU, qui traitait de la fictivité du personnage féminin, puis en 2018 sur le caractère fictif des objets. Je suis actuellement en train de réfléchir à la fictivité entretenue des « mondes », peut-être une référence aux mondes de l’art selon Becker…   Cette recherche, je l’ai nommée Occasions. Je reviendrai, plus en détails, sur cette approche très prochainement…  Occasions cover IPL 19

I Only ask for Decency

Une recherche sur la valorisation des ressources individuelles. Des ressources nourries par des rencontres successives avec l’art car la seule foi que j’entretienne c’est celle des images, des sons, des cadrages et des plans. I Only ask for decency aborde « mon sauvetage ». Ma sensibilité a très régulièrement été mise à l’épreuve, au même titre qu’une certaine forme de différence. Ce qui m’a, en revanche, beaucoup aidée et soutenue,  ce sont des films, des photographies, des tableaux, des concerts… Ces expériences de visiteurs/ spectateurs m’ont sauvée la mise un nombre incalculable de fois. Qui plus est, c’est aussi ce qui m’a offert la possibilité de créer. Alors…

A suivre donc!

IPL

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Just a tribute to A.H

Je suis, depuis janvier 2018, sur les anniversaires…L’année 1968 occupe la plupart de mon temps depuis la conception et la mise en place du projet #ODC.  1968, c’est 50 ans, pour la disparition de Marcel Duchamp, la sortie nationale de « 2001, L’odyssée de l’espace »…Et pour Mai aussi..

1958, sans le vouloir, s’est inscrite au palmarès de mes activités photographiques..Rien  de plus à ajouter à ce générique…

générique vertigo 1 IPL 2018

 

générique vertigo IPL 2018 boca 1

 

générique Vertigo IPL 2018 boca 2

 

générique vertigo IPL 2018 eye.jpg

 

générique vertigo IPL 2018 r.jpg

Ce générique c’est l’œuvre d’Alfred Hitchcock, de Saul Bass et de Bernard Herrmann.

La photographie de ce film (comme pour beaucoup d’autres) est signée Robert Burks.

Un peu de « Blow Up »/ Arte pour restituer tout ça, soit 1/2 siècle de génériques qui vous contemple…

Nous sommes déjà échec et mat

 

#ODC, volume 3

Le tome 3 arrive en mai, le 14…

Flyer Expo

Son organisation sera plus sereine que le volume 1, du moins, je me le souhaite. C’est L’alliance Française,  située bd de l’Yser à Rouen, qui m’accueille. Alors, « le voyage vers le centre de l’objet » sera la 2ème étape rouennaise juste après l’Hôtel de Ville de Rouen avec l’expo « Tribute to Marcel Duchamp » à laquelle j’étais conviée à participer et qui s’achèvera le 12 mai.

Accrochage participatif IPL 2018 r

J’ai ouvert son accrochage à un « work in progress » qui démarre le 14 et se clôt le 15 mai. Une invitation, en somme, à partager, collaborer pour rendre participative cette curieuse phase d’une exposition. Une manière aussi d’être au plus près des gens, des publics pour pouvoir prendre le pouls de leur réaction. Mes expositions précédentes ont pu rencontrer des remarques ou attitudes qui m’ont parfois, beaucoup surpris. Comme cette fois, il y a deux ans, où une femme m’embrassait chaleureusement en me remerciant d’être une femme photographe!

affiche AF face IPL avec logos.jpg

J’ai conçu cette affiche en me disant qu’il fallait des lignes…Un voyage, ce sont des routes, des chemins, des tracés sur une carte, une destination…Une référence directe et intime.

Carton vernissage AF 2.jpgEt un carton/ Hommage à Hitchcock (toujours très présent dans mon travail que je le veuille ou non d’ailleurs)…Psycho est sorti en France en 60 et nous fêtons les 60 ans de Vertigo (sueurs froides )…Alors.

ici, la page de l’évènement:   https://www.facebook.com/events/210407072879045/

Et toujours, le Leetchi, « Cabine is coming » pour donner vie au tome 4/  https://www.leetchi.com/c/cabine-is-coming

Bien à vous!

 

Cabine is coming

Une volonté de mettre à la vue cette cartographie de cabines téléphoniques, telle est mon intention pour ce tome 4 du projet global ODC. Celui- ci a pour titre: « le jour où l’objet s’est arrêté. » A ce jour, je n’ai pas de lieu ni concrètement les moyens financiers pour finaliser cette 4ème partie, ce pourquoi, j’ai mis en place cette initiative, « Cabine is coming » sur Leetchi: https://www.leetchi.com/c/cabine-is-coming

Est détaillé le projet, et l’envie très forte de donner, enfin, une place à cette entreprise iconographique qui a vu le jour en 2015.

cab defe

Ici, La Défense et là, Rouen et son quartier populaire de la rive gauche, Saint- Sever….

cab st sever IPL

Une démarche sociologique, un travail sur le temps, sur ce qui disparaît et qui sera désormais invisible.

Là, Bernay dans l’Eure.

Kashmir

Ici, Celles devant le bâtiment principal de Sciences sur le campus de Mont – St -Aignan aujourd’hui fermé.

twins IPL 2017

Rouen, rive droite, à côté de la CCI Métropole.

la guerre de la chose a bien eu lieu.jpg

Rouen, rive droite, Place de la Calende

Wasted sleepless nights

En noir et blanc et en couleur, elles traduisent à la fois l’occupation et l’abandon d’un espace public.

Ici, Landepereuse, un village dans l’Eure.

landepereuse cabine IPL

J’ai tenté de saisir photographiquement leur disparition imminente car elles sont aussi, pour moi, un personnage central de ma cinéphilie…

cabine rouen saint sever isabelle pompe

Merci beaucoup à vous pour votre soutien,

IPL, 2018.

 

 

 

Expo Tribute to Marcel Duchamp, Rouen

Hier, 5 avril 2018, c’était vernissage. L’exposition, en question, « Tribute to Marcel Duchamp » à l’hôtel de Ville de Rouen. Je fais partie des 40 artistes invités pour cet hommage à l’occasion des 50 ans de la disparition de Duchamp. (Né à Blainville- Crevon (76) et enterré au cimetière du Monumental à Rouen.) Tout cela, je ne le savais pas en 2014, lorsque j’ai débarqué dans cette ville et ai eu bien du mal à le croire lorsqu’on me l’a raconté. Il s’est passé beaucoup de choses depuis. Mes premières investigations au sujet de l’image datent de Paris, alors que j’étais spectatrice d’une exposition à la MEP (Maison européenne de la photographie) et que je découvris, Erwin Blumenfeld. Mais, pour être plus près de la réalité, je crois que l’image est entrée dans ma vie avec le cinéma, donc beaucoup plus tôt. Ce pourquoi, l’écran, la surface écranique, le générique, la scène, le décor et l’ambiance marquent profondément mes productions.

Fragments d'un objet déprécié

« Fragment d’un objet déprécié » est une réflexion sur  la désuétude et la sacralisation de l’écran. Objet observé sans relâche qui mit, à ma disposition, toute une production cinématographique, objet enfermant, vase clos mais aussi, accès. Il est ce paradoxe existentiel qui m’a servi d’écho et de medium pendant ces 4 années incursives et pulsionnelles de création et d’expression. Les phases notables, dans l’évolution de mon univers photographique, sont très simples à appréhender, il y a eu couleur, sépia, noir et blanc et couleur. Il y a eu images puis gravures. Mots, métaphores et paraboles.

En 2014, je commence à travailler ma seule matière première disponible, la perception de mon image et tente alors la narration d’une succession d’épreuves. De l’approche de la désertique à l’hystérie du montage, du deuil à l’obsession du foisonnement voire de l’excès, du brouillard à la clarté, il s’agit d’un passage au travers le temps qui comporte bien peu d’escales.

de la douleur en couleur.JPG

C’est en fouillant, dans ce monticule numérique incroyable que peut être un disque dur, que j’ai pris la pleine mesure du nombre de photographies que j’avais conçues, montées, imbriquées et retravaillées en 4 ans, près de 7000.

Je suis passée d’une image portrait empreinte d’émotion à la mise à sac de mes convictions. La réalité qui ne peut être contournée. La frontalité de l’objet en proie à disparaître. De là, a surgi, une obligation cartographique d’un objet mémoriel: la cabine téléphonique.  La question morale de la trace était, de plein droit, l’objet de mon travail. Ici, les restes d’une machine inscrite aux anciens abattoirs de Petit- Quevilly, découverts peu de temps avant sa démolition que j’ai souhaité signer comme on marquerait une bête.

To Petit Quevilly boule à neige

Peu de temps après, des instants, qui me semblait tout traduire, se présentaient à mes yeux. Puis, ces motifs, ces impacts se sont réintroduits dans mes expériences: après la disparition, il me fallait traduire l’absence.

ultra marins IPL

La couleur, toute puissante s’est, par moment, évanouie, trop brutale, trop complexe à domestiquer, ou alors, en passant par des stratagèmes et user d’homothétie pour pouvoir l’ingérer à une production exploitable. C’est pour cette raison que je suis arrivée le jour de mon vernissage du 16 mars 2018 avec beaucoup de stress. Pour la première fois, j’allais donner à voir cette couleur sans pitié à même d’envoyer valser quiconque s’en approche et qui n’est pas digne.Elle, qui ne pardonne pas l’erreur, l’approximation. Très difficile à maîtriser. Je me l’étais interdite durant 3 ans, par peur de ne pas être à la hauteur de ses exigences pigmentaires. cette matière couleur m’a fait plus d’une fois déchanter, quitter le medium photographique car je ne parvenais pas à franchir, à dépasser un cap.

fotos vitrines ipl odc 1 t.jpg

Pour « L’ordre des choses « , j’ai produit 8 images couleurs. Le tome 1, présenté en  bibliothèque, m’a demandé de leur apporter une autre intégration. Toutes étaient là, dans des vitrines, jamais seules, comme si je ne parvenais toujours pas à les livrer à la rigueur d’un mur.  Un geste précieux pour ce qui m’a demandé beaucoup de temps. Un acte respectueux presque sacré.

Hier, avec ma participation au demeurant très petite par sa taille comparée aux œuvres présentes, je me suis sentie tendue. La vulnérabilité, le refus de la cimaise et du cadre, son contrecollage aux bords francs, elle se trouve être dans ce couloir d’exposition avec son cartel incompréhensible. Plus proche de moi que toutes les autres, elle et son inscription artisanale sur le front: « Welcome to the object land », cette femme en gros plan aux yeux abîmées par le face à face écranique, c’est l’instant T d’une narration personnelle, sans fictivité aucune.

IPL, avril 2018.

 

IPL, trois initiales

odc installation room IPL

Trois lettres en guise d’initiale, un nom voire deux pour la mise en place d’un projet qui a vu le jour en 2017. Ces trois dérivations autour de l’objet ont constitué trois tomes dont l’un vient de s’achever. Il nous a sauté aux yeux le 16 mars et, est aujourd’hui, terminé. Un moment étrange que celui de défaire, de décoller, d’emballer. Se retirer de ces murs ou se détacher. Enlever cette matière personnelle de ces verticalités qui, elles, ne le sont pas. Cette exposition aura connu un curieux accueil, elle aura existé seule comme une entité libre mais tenue à l’écart de ces occupants, ces bibliothécaires qui ne lui ont guère posé de questions. Rarement, ils ont eu à la regarder, bien peu, et dans cette ambiance froide, j’ai, durant trois longs jours, inscrit, planté, creusé cette peau blanche en espérant lui donner une allure, des airs pour contrecarrer cette désuétude d’espace clôt.

ODC mirror 2018 tome 1

J’ai souhaité donner au livre une place d’honneur, comme celle qu’il occupe dans ma vie. Du très grand format jusqu’au 6 x 8 cm, ce cadre a détenu mes réflexions, mes souvenirs, mes hommages et mes essais durant 15 jours. Soit très peu, pas assez pour marquer, trop peu pour être vue voire revue, bref, un test comme un retour sur soi qui, une fois, déforesté de mes usages photographiques fait peur à voir.

ODC end 03 04 2018 IPL

Là, dans des sacs, cartons et autre valise, se sont retrouvées celles qui étaient, il y a peu,  l’une en face de l’autre. Et c’est cela qui est troublant, de devoir museler un travail qui ne reprend forme et existence qu’une fois exhorté, qu’une fois sorti de ces espaces de retranchement. Deux ans, il m’aura fallu pour que cette parole photographique puisse prendre l’espace qui lui est du. J’ai hâte de pouvoir, par respect pour ces images, les mettre au jour à nouveau.

ODC end 03 04 IPL 2018

Je les entends…

Exposition du 15 au 31 mars –  ODC Tome 1:  » Le jour juste avant les choses » – Bibliothèque François Truffaut/ Petit- Quevilly

Isabelle Pompe L.  – ODC/ Ordre Des Choses – Avril 2018

Surface insensible

Je n’avais pas été très séduite par le code couleur, un vert trop fort….ni par l’ambiance de l’affiche…Toutefois, je décidais de répondre à un appel à photographies dit « concours « de l’association Surface Sensible. Le thème: Géant. De cette surface cessible, je ne connaissais que peu de choses et n’avais pas eu le courage jusqu’alors d’aller à Caen. De ce mot Géant, je ne voulu préserver, comme interrogation première voire primitive, uniquement, celle du plan. Mon géant serait un femme et elle serait trop grande pour entrer dans le cadre. De surcroît, elle serait perçue et perceptible que par un axe: son dos. Accolée à ses deux comparses de droite et de gauche, elle serait ce fessier plein cadre. Pourquoi: un géant serait un mannequin et il ne garderait d’humain que ses formes. Il serait femme, je l’ai déjà dit, il serait sculpture, il serait habitacle. Ces trois mannequins ont été pris en photo en 2015, lors d’une sortie photo à l’Opéra de Rouen (Théâtre des Arts). Elles étaient ou ils puisqu’on dit un mannequin étaient en attente d’une tenue. J’imaginai celle d’un personnage féminin, une héroïne, celle d’un mythe, une Carmen, Norina, Despina où encore Octavie….

Du cote de chez chose       Bref….Je voulais vous indiquer là où  » Du côté de chez chose » s’est retrouvée et vous inviter à une réflexion non pas sur ma capacité à faire du hors sujet mais sur ce que peuvent produire des indications scénographiques comme effets étranges.

Je pris le train depuis Rouen rive droite, telle est encore son nom, en direction de Bernay chercher un acolyte puis nous nous dirigeâmes vers Caen.

train rouen mars 2018 IPL

Le finissage (c’ était le nom de notre RDV) avait lieu un samedi de mars 2018.  Je savais, à ce jour, que je n’avais pas remporté le tirage en 3m x2m installé sur le fronton (c’était le prix du dit concours)….J’avais vu, depuis leur site et Facebook, les gagnants du jury et du public. Deux photos en couleur dont une sur l’idée de miniature et l’autre, très phallique, avec une grue jaune. Ce que je ne connaissais pas c’était la particularité de leur scénographie. Une fois arrivées (une grande salle à l’hôtel de ville), nous étions face à un spectacle parfaitement inattendu. Beaucoup de monde. Des panneaux blancs plantés de chaque côté qui nous crachaient au visage de très grands formats couleur ou noir et blanc et au milieu en guise de faux monde du milieu,  une bande. Au ras du sol, qu’on enjambe ou vers lequel on se penche désespérément, des photos en fil indienne sans cartels, sans logique. Avec, à côté d’elles, la poussière du bas monde pour culture. Ces photos ne semblaient être là que pour indiquer leur indigence de perdantes. Moi, comme tous ceux du bas, nous avons assister à une leçon parfaitement irrespectueuse. Sans déontologie aucune, les membres du jury avaient leur nom qui claquaient de toutes parts et tels des géants ils nous ramenaient à notre usage amateur de l’outil photographique: superbe.

C’est dans ce bruit moche que  je suis allée chercher « du côté de chez chose ».

expo geant mars 2018 IPL.jpg

Histoire de parfaire le tout, une publication, tout aussi moche que l’affiche et que tous les visuels conçus pour l’évènement, était sortie pour l’occasion.

publication geant 2018.jpg

Une maltraitance supplémentaire…(On aperçoit la grue, c’est la 2ème à droite). Je n’étais plus en mesure d’écouter la personne en face de moi. Une idée en tête, rentrer, réfléchir à mon concept ODC et reprendre la structure narrative que j’allais imposer à mes images et la gymnastique cérébrale à ceux qui se trouveraient, peut- être, en face; le tout sans vouloir faire trop de mal….Le retour fut très long, le bus ou le train, direction Rouen ou Paris, tout semblait s’emmêler dans ce désordre caennais. Était-ce le chaos des géants maltraités qui se manifestait? Était-ce « du coté de chez chose » qui ne savait plus trop quoi faire de moi?

la seule consolation de l’instant fut une photo depuis le bus dans lequel j’étais mais que pourtant je ne pris pas, qui, en soi, n’est pas terrible mais c’est à la lettre « I » que se plantait cet homme, j’y vis alors un dernier message.

gare routière caen 2018 IPL.jpg

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A suivre….